Faire sa transition, c’est oser enfin accepter, exprimer et même affirmer son vrai visage. Mais c’est aussi prendre un risque immense et devoir faire face à de très nombreux écueils au quotidien entre le moment où l’on s’y lance et celui où elle est vraiment derrière soi. Même si c’est d’abord une affaire de cÅ“ur, de foi en soi et de fidélité au sentiment de qui on est, c’est aussi une entreprise et il peut être très utile d’essayer de prévenir au moins les pièges les plus facilement prévisibles.
Les personnes transgenres et les personnes transsexuelles ont un parcours de vie assez différent. Les personnes transsexuelles vont d’un statut bien défini à un autre tout aussi défini et elles font tout pour que ce trajet soit aussi court que possible. Cela est vrai tant des personnes qui s’identifient comme des femmes que de celles qui s’identifient en tant qu’hommes. Une fois cette transition terminée, ces personnes ont très souvent à cÅ“ur de se fondre dans la population. Cela ne signifie pas qu’elles adhèrent aux standards traditionnels en matière de sexe et de genre. Mais cela signifie simplement qu’elles se situent en tant que membre du groupe auquel elles s’identifient. Par exemple, les femmes homosexuelles qui ont un passé transsexuel s’identifient d’abord comme des lesbiennes, elles en ont l’expression de genre et leur passé ne regarde que leurs proches.
D’un autre côté, les personnes transgenres se situent dans un espace que la société n’accepte pas encore et qu’elle considère comme ambigu ou mal défini, quand elle ne le rejette pas. Se situer à la fois en tant qu’homme et en tant que femme, ou en tant que "non femme" ou en tant que "non homme" est d’autant plus délicat et instable que la société dans laquelle nous vivons est obsédée par l’assignation de toute personne à l’un de ces deux rôles "homme" ou "femme".
Prendre l’une de ces deux trajectoires ou prendre l’autre n’est donc pas du tout la même chose. S’il est vrai que c’est souvent en avançant au pas à pas que l’on fait l’expérience de qui on est vraiment, cela peut beaucoup aider de sentir à l’avance dans laquelle de ces deux trajectoires nous nous situons.
Il y a plusieurs manières de réaliser sa transition :
La plupart des pays européens offrent sous une forme ou sous une autre des programmes officiels proposant une prise en charge globale. Ces programmes, habituellement hospitaliers sont le plus souvent rattachés à des services psychiatriques. Ces services ont une vue très pathologique de la transsexualité, qui y est considérée comme une maladie mentale à traiter. Dans leur esprit, l’opération de réattribution de sexe est uniquement la dernière solution, pour les "cas incurables", quand les autres ont échouées. Ils ont aussi une vue très normalisante de cette même question. Les personnes transgenres, les transsexuelles lesbiennes et les transsexuels gays ont de très fortes chances de se voir refuser toute prise en charge, à moins de mentir.
Ils ont une pratique typiquement hospitalière d’évaluation, de catégorisation, de vérification qu’une personne remplit bien des normes prédéfinies et de prise en charge standardisée, selon les protocoles de l’équipe, avec l’endocrinologue et le chirurgien de l’équipe. Dans tout cela, les doutes, les interrogations, les intuitions, la manière dont chaque personne se voit et dont elle a envie de se prendre en charge n’ont pas leur place.
Ces programmes ont aussi un très fort biais qui fait qu’ils n’acceptent, le plus souvent, que des personnes hétérosexuelles et que ces dernières se sentent poussées à adopter des comportements stéréotypés et exagérés. Il n’est pas rares que les évaluations émises par ces équipes fassent alors ressortir combien la personne a une vue stéréotypée du genre avec lequel elle s’identifie.....
Les prises en charge de ces programmes officiels sont très souvent entièrement payées par les services de sécurité sociale des pays dans lesquels ils se trouvent. Il reste à savoir si ce remboursement vaut son prix, à savoir l’obligation de passer par une prise en charge stigmatisante, déresponsabilisante et fondamentalement non respectueuse de la personne.
Une deuxième voie consiste à trouver un-e psychiatre ou un-e sexologue en pratique privée qui soit prêt-e à vous accompagner. Dans la plupart des pays européens, ces personnes ont le droit d’émettre une lettre de recommandation vous permettant d’obtenir un traitement hormonal et une opération de réattribution de sexe, pour les personnes qui en ressentent le besoin.
L’intérêt de cette solution est qu’elle vous permet de rechercher une personne en qui vous avez confiance, que vous sentez respectueuse de votre identité et de votre parcours.
Si vous faites ce choix et que vous trouvez un-e thérapeute, vous aurez probablement la chance de pouvoir faire avec cette personne un parcours personnalisé, qui vous correspond et dans lequel vous avez un rôle beaucoup plus actif que dans celui des programmes officiels. Vous aurez aussi beaucoup plus de liberté pour choisir votre endocrinologue et votre chirurgien (pour autant que vous ressentiez le besoin d’une opération). Si vous êtes transgenre ou si vous êtes une transsexuelle lesbienne ou un transsexuel gay, vous avez aussi nettement plus de chances de trouver quelqu’un qui vous accueille tel que vous êtes.
Par contre, il est fort probable que vous deviez payer de votre poche une partie des traitements et cela peut représenter des dépenses importantes. De plus, il n’en demeure pas moins, que vous devez encore passer par un membre du corps médical qui a le pouvoir de juger de la légitimité de votre démarche, ce qui est difficile à vivre. Pour un nombre croissant de personnes, c’est carrément inacceptable.
Une troisième option consiste à vous passer complètement de toute forme de suivi psychiatrique. Si vous choisissez cette voie, vous êtes totalement libres, vous assumez seul-e toutes les conséquences de vos choix et il n’y personne pour juger de la légitimité de votre évolution. Cela signifie aussi que vous allez devoir tout payer par vous même et que vous allez devoir trouver un endocrinologue et un chirurgien qui acceptent de travailler en dehors des protocoles standard, ce qui existe.
Il est entre autres de notoriété publique que certains chirurgiens de premier plan résidant en Asie du sud-est n’exigent pas de lettre de recommandation d’un psychiatre. Si vous n’avez pas cette lettre, ils exigeront de vous que vous acceptiez d’être examiné par leur propre psychologue qui devra s’assurer que vous n’êtes pas psychotique.
Il vous revient de savoir laquelle de ces trois options vous préférez et quelques questions peuvent vous y aider :
Trouver un-e thérapeute respectueux de votre différence n’est pas facile. Une première piste consiste à interroger les associations LGBTI de votre région. Ils ont peut-être quelques noms de personnes qu’il vaut la peine de contacter. Mais tout comme chaque relation est nouvelle, chaque relation d’aide est nouvelle. Même si une personne vous a été recommandée par une association ou quelqu’un en qui vous avez confiance, il est essentiel que vous puissiez faire confiance en la personne aidante que vous rencontrez. Si ca n’est pas le cas, continuez votre recherche.
La transition est un moment difficile. Les pièges sont nombreux. L’incertitude est très grande. L’attente est très difficile à supporter. Les frais des traitements et des différents achats qu’on doit faire (par exemple changer sa garde-robe) sont très importants. Perdre son emploi en pleine transition peut se révéler dramatique. Nombre de personnes à qui cela arrive n’ont plus les moyens de faire face à l’ensemble de leurs frais et se trouvent dans une situation très difficile. A force de désespoir, il n’est pas rare que les personnes se suicident.
Trouver à l’avance un emploi qui sont assez bien payé pour vous permettre de faire face à l’ensemble de vos frais est donc essentiel. Et il est tout aussi essentiel de trouver un emploi dans lequel vous pouvez être à l’aise à toutes les étapes de votre transition et dans lequel les risques de vous faire licencier en raison de votre transition sont aussi réduits que possible. Cela peut vous demander d’améliorer votre niveau de formation et de trouver une activité suffisamment mixte pour limiter les risques de rejet aux différentes étapes de votre transition. Cela peut aussi vous demander de faire des compromis avec les stéréotypes traditionnels en matière de genre durant le temps de votre transition.
Cette dernière possibilité fait hurler certain-e-s militant-e-s, mais c’est vous qui faites face aux conséquences en cas de problème. Et vous allez, en plus, devoir y faire face à un moment très difficile où vous serez déjà très sollicité-e-s par votre évolution intérieure, par vos découvertes, par tous les pas que vous devez faire pour achever votre transition.
Pour les personnes MtF, l’épilation du visage est un rite de passage important. Elle va durer des mois. Elle est douloureuse. Elle est coûteuse. Elle va exiger des personnes qu’elles fassent preuve d’une grande détermination pendant un très long moment avant que les effets ne soient vraiment visibles. Elle va aussi demander aux personnes de laisser pousser tous leurs poils entre les séances. Cela aussi est très difficile à supporter. Mais elle est d’autant plus vitale que les problèmes de repousse au moment où une personne a commencé à changer sa présentation deviennent vite très gênants.
Comme elle est longue, douloureuse et coûteuse, c’est un des traitements à commencer au plus vite. Si vous avez les moyens de financer vous-même une esthéticienne, vous pouvez commencer sans attendre quelque prise en charge ou quelque remboursement que ce soit. Et tous les mois gagnés vont compter par la suite.
Recourir à une esthéticienne a un autre intérêt. Elles pratiquent l’épilation électrique plutôt que le laser. C’est plus long et plus douloureux, mais c’est définitif et il n’y a pas de risque de repousse à la fin du traitement, contrairement au laser.
Mais c’est aussi un art. Il est de ce fait, indispensable de trouver une esthéticienne qui soit très expérimentée dans l’épilation du visage. C’est encore mieux si elle a l’expérience des personnes transsexuelles et transgenres MtF.
Le traitement des lèvres est vraiment très douloureux. Non seulement il faut laisser pousser les poils entre les séances, mais leur épilation fait vraiment mal. C’est la zone la plus sensible du visage. En tout cas durant les premiers temps (quand il faut beaucoup de temps pour les épiler), les crèmes anesthésiantes comme l’EMLA risquent d’être insuffisantes. Recourir à une esthéticienne qui a un accord avec un dentiste qui accepte de vous faire des anesthésies locales est alors extrêmement précieux. Quand il n’y aura plus que 20-30 poils sur les deux lèvres à chaque séance d’épilation, il sera possible de passer aux crèmes anesthésiantes.
La pilosité humaine étant très variable, il est très difficile de dire à priori combien de temps peut prendre l’épilation d’un visage. D’autre part, certaines techniques (comme le recours à des électrodes isolées) sont plus efficaces que d’autres. Mais pouvoir commencer cette dernière plusieurs mois avant le début de votre traitement hormonal est vraiment important. Si vous commencez les deux à peu près en même temps, vous allez devoir mettre les bouchées doubles. Si vous la commencez après, vous risquez de sérieuses difficultés. D’importantes repousses sont extrêmement gênantes si elles se produisent alors que votre traitement hormonal a des effets visibles ou pire encore, quand votre transition est achevée.
Le travail de la voix est très long, frustrant et difficile. Il fait partie des choses qu’il faut commencer au plus vite quand on envisage une transition. C’est aussi un travail qu’on peut entreprendre sans attendre de prise en charge ou de remboursement. Là encore, chaque mois de gagné sera très précieux.
Certains orthophonistes sont capables d’aider les personnes transsexuelles et transgenres à modifier leurs voix. Mais ils ne sont pas nombreux et on n’en trouve pas partout. Mais c’est, bien sûr, une possibilité.
Une autre option consiste à utiliser l’une des méthodes mises au point par des personnes transsexuelles. J’en connais deux qui ont fait leurs preuves. La première est celle de Melanie Ann Phillips qui a créé la première méthode permettant aux MtF de travailler leur voix et d’arriver à un résultat valable.
La seconde est celle de Deep Stealth : sous cette enseigne, Andrea James et Calpernia Adams ont créé une petite boutique qui diffuse quelques documents très précieux pour les personnes transsexuelles, dont un DVD permettant aux MtF de travailler leur voix. Cette méthode aussi est réputée.
Ces deux méthodes sont en anglais et je ne connais pas d’équivalent en langue française.
Si vous êtes MtF, il est très important de laisser passer un peu de temps (quelques mois) entre le début de votre épilation électrique et le début de votre traitement hormonal. Il n’y a donc pas grand chose à faire à ce sujet au début de votre transition, si ce n’est de vous informer de ce que c’est qu’un traitement hormonal, de ses effets, de ses avantages et de ses risques.
Mais, si vous avez la possibilité de choisir un endocrinologue parmi plusieurs d’entre eux, cela peut valoir la peine de vous arrêter à la manière dont il/elles accueillent leurs patients ainsi qu’aux types de traitements qu’ils utilisent. Certains médecins choisissent une voie "douce" avec des dosages plus faibles, moins de contrôle en laboratoire et aussi des effets plus lents à se manifester. D’autres ont des approches plus vigoureuses, qui auront des effets visibles beaucoup plus rapidement. Elles demanderont un contrôle nettement plus serré. Elles impliquent aussi plus de risques et les effets psychologiques (en particulier les sautes d’humeur) sont aussi susceptibles d’être plus difficiles à vivre.
Le principal problème d’un traitement hormonal aux Å“strogènes est qu’il rend le sang moins fluide. Cela peut représenter un risque, en particulier si vous êtes immobilisées pour une période prolongée. Dans ce genre de cas, le risque de thrombose est réel, tout comme pour les femmes enceintes qui reprennent leur contraception.
Si vous faites votre transition sans suivi (et votre traitement hormonal en automédication), il est essentiel que vous obteniez l’aide d’un médecin qui accepte de faire des tests de votre taux d’hormones dans le sang et que vous respectiez ses feedbacks. Là encore, l’enjeu est d’éviter des accidents circulatoires qui peuvent être très graves, voire mortels.
Pour les personnes FtM qui sont en train de préparer leur transition, il y a encore moins de choses à faire au sujet du traitement hormonal. Tout au plus, si vous avez le choix entre plusieurs médecins, c’est le moment de le faire.
Les FtM témoignent de ce que leur traitement hormonal a un effet énorme et très rapide sur eux. Nombre d’entre eux en parlent comme d’un événement au moins aussi important que l’opération (pour ceux qui sont transsexuels) voire même plus. Parmi les effets les plus importants notons un changement d’énergie intérieure et une libido très fortement renforcée. Lire des témoignages, comme "The testosterone files" peut vous aider à vous préparer à ce changement.
Le début de "l’expérience de la vraie vie" ("real life experience" en anglais) est aussi le moment où les personnes se débarassent de leur vieille garde robe, quand ca n’est pas déja fait. Les personnes FtM ont la possibilités de passer par une phase "butch" qui fait que, le plus souvent, elles se sont débarassées de leurs vêtements féminins bien avant leur transition officielle. C’est plus complexe pour les personnes MtF, vu l’intolèrance des sociétés occidentales à leur égard.
Quoi qu’il en soit, il est maintenant question de s’habiller plus ou moins selon les codes du genre auquel on s’identifie et d’être crédible dans la vie quotidienne. Il ne s’agit pas de jouer à la carricature ou à la poupée, mais, plus simplement, d’être une femme ou un homme de tous les jours.
Cela peut ne pas être si simple que ça, quand on s’identifie comme un homme et qu’on a une stature plus graçile et petite que la plupart d’entre eux. Le problème est le même quand on s’identifie comme une femme, qu’on mesure plus d’1 mètre 80 et qu’on chausse du 42 et demi ou du 43 ! C’est là qu’internet entre en jeu et que des ressources comme celles de Tall Women deviennent très précieuses ! Ce genre de site permet de trouver à distance ce qu’on ne trouve pas localement et d’avoir plusieurs fournisseurs, ce qui est très important quand l’un d’entre eux vient à faire défaut. Il existe probablement l’équivalent pour des hommes de petite taille, mais je n’ai pas encore trouvé.
Durant votre transition, votre corps va changer de forme. Votre voix et votre visage vont changer. Vos manières vont changer. La manière dont vous vous sentez et dont vous entrer en relation va changer. Cela ne peut pas ne pas susciter des réactions dans votre place de travail. Il est très important de vous y préparer du mieux que vous pouvez. Se sentir posé-e en soi, accepter profondément la personne que nous sommes et rester ouvert-e à l’autre peut aider l’autre à faire de même. Mais il n’y a pas de garantie que cela marchera. C’est aussi important d’avoir les sens aiguisé pour pouvoir faire face sur le moment aux éventuelles difficultés.
Votre famille, vos proches, vos ami-e-s, les gens que vous rencontrez durant vos loisirs ne pourront pas ne pas remarquer votre évolution. Il est aussi important de vous préparer à leur révéler ce que vous vivez, car vous ne pourrez pas le cacher. Cette préparation est d’autant plus importante que vous courrez de grands risques si vous vivez cette révélation comme un moment où vous leurs demandez l’autorisation d’être qui vous êtes. Il est très important que vous vous acceptiez aussi complètement que possible à ce moment là et que vous viviez cette révélation comme une expression et une affirmation de vous-même. Dans toute la mesure du possible, retarder ce moment jusqu’à ce que vous soyez prêt-e est très utile.
Un changement prématuré de votre présentation peut avoir des effets très problématiques, voire pire. Au début de sa transition, Il est vraiment important de ne pas se précipiter pour changer sa garde robe. Attendre que votre voix change, que votre visage soit épilé (si vous êtes MtF) ou au contraire que votre pilosité apparaisse (si vous êtes FtM), que vous soyez à l’aise avec vous-mêmes, va aider à faire passer votre changement de présentation comme une adaptation naturelle. Passer par une étape un peu neutre ou androgyne peut aussi préparer votre entourage, y compris professionnel, à la suite.
Si vous êtes transsexuel-le et que vous êtes au clair sur le fait qu’une opération de réattribution de sexe est une étape majeure de votre transition, il vous faut garder à l’esprit que l’attente va être longue entre le moment où vous commencez cette transition et celui où vous allez pouvoir bénéficier de cette opération. C’est d’autant plus vrai que vous avez recours au suivi d’un psychiatre ou d’un programme officiel. Supporter cette attente est très difficile et il y a peu de choses qu’on puisse faire pour rendre cette attente moins douloureuse (à part la réduire au strict minimum). Entretemps, vous pouvez vous renseigner sur les différents chirurgiens, sur leurs résultats ainsi que sur la possibilité que vous avez d’y accéder selon vos moyens financiers. Si vous êtes MtF, une page comme la page de Lynn Conway sur la vaginoplastie peut vous aider à évaluer les résultats des chirurgiens que vous considérez.
Dans la plupart des pays européens, les personnes transsexuelles ne peuvent mettre à jour leurs documents légaux (identité, acte de naissance, etc.) qu’après leur opération. Pour les personnes transgenre, ce changement n’est, actuellement, possible qu’en Espagne et en Grande Bretagne.
Quand on prépare sa transition, on est encore très loin de ce moment qui est très précieux. Mais se renseigner à l’avance sur la procédure à suivre et, surtout sur les prérequis et les documents nécessaires peut néanmoins être nécessaire.
Par exemple, dans un pays comme la Suisse, il faut ne pas être marié-e pour qu’un changement d’Etat Civil soit enregistré par l’administration. Pour les personnes qui sont heureuses en couple, cette contrainte est très importante et lourde à porter. Mais la connaître à l’avance permet d’y faire face moins difficilement que de la découvrir au tout dernier moment.
Même si c’est encore plus éloigné, il est un autre point qu’il est important de comprendre et de garder à l’esprit : la transition ne se termine ni le jour de l’opération ni même celui ou l’on obtient enfin les bons documents d’identité. D’autres problèmes se posent par la suite et il faut, en moyenne, de quatre à cinq ans pour que la personne ait trouvé une place stable et pour que sa transition soit vraiment achevée.
Les problèmes qui se posent après l’opération varient de personne en personne, mais il est fréquent de passer par un gros passage à vide après la lutte intense et continue qui a été nécessaire pour arriver à l’opération.
Intégrer que "c’est fait et que les autres ne peuvent plus s’y opposer" prend aussi un certain temps. Avant l’opération, il est fréquent que les personnes passent beaucoup de temps et d’énergie à expliquer et à convaincre. Mais une fois cette étape franchie, et plus elle s’estompe dans le passé, on retrouve l’anonymat, il n’y a plus rien de nouveau et il n’y a plus besoin de lutter sans cesse pour convaincre. Il faut un certain temps pour intégrer ce changement là .
Redécouvrir son corps et découvrir sa sexualité après l’opération prend souvent de nombreux mois. Ne vous inquiétez pas si cela prend du temps. Votre corps prend du temps pour se réarranger et faire l’expérience de sa sensualité, d’une excitation sexuelle et de l’orgasme prend du temps. Il faudra prendre aussi le temps de l’exploration et de la découverte. Mais ça n’est pas parce que cette exploration prend du temps qu’une opération de réattribution de sexe est ratée. N’oubliez pas que votre corps a été modifié de manière majeure, il faut du temps pour que tout retrouve une nouvelle place.
Maintenant que tout est enfin corrigé, on peut enfin rechercher un-e partenaire sans plus se sentir en porte à faux avec son propre corps ! C’est une magnifique expérience que l’on peut enfin vivre et il serait triste de s’en priver ! Mais il faut juste ne pas oublier que cela va prendre un peu de temps de découvrir l’autre, de se découvrir dans le registre de la relation amoureuse qu’on peut enfin vivre dans son vrai corps.
Intégrer son passé est aussi quelque chose de difficile pour certaines personnes. Il leur faut un temps pour faire l’expérience qu’elles sont vraiment libérées de ce qui les a entravées pendant si longtemps. Il faut aussi un temps pour sentir que même si c’est très injuste que d’avoir dû vivre de nombreuses années dans un corps difforme, c’est aussi important de pouvoir maintenant goûter la vie.
Avoir pu enfin restaurer son corps peut aussi mettre en relief d’autres difficultés qui jusqu’à maintenant étaient entremêlées avec cette dernière. Nombre de personnes ont souffert de maltraitances et de carences affectives graves. Maintenant que plus aucun thérapeute ne peut plus s’opposer à votre chemin, cela peut être le bon moment pour trouver le/la bon-ne thérapeute pour vous qui vous aide enfin à vous libérer de ces blessures.
Et puis il y a la question de ce qu’on garde, de ce qu’on abandonne et de ce qu’on crée. Il peut s’agir de loisirs, de relations avec les proches, d’engagements associatifs et professionels. Ce moment est une occasion où, inévitablement, on fait le tri.
Maintenant que plus personne ne peut nous dire "tu ne dois pas faire ceci, c’est trop masculin (ou féminin)", c’est aussi l’occasion d’oser vivrer et s’expérimenter tel-le qu’on est, sans plus trop catégoriser nos envies nos aspirations, nos traits de caractère. Nous sommes nous-mêmes et c’est tout !
Tous ces ajustements prennent du temps. Il y a des moments où ils peuvent être désécurisants, même difficiles, mais c’est pour pouvoir vivre pleinement !
Préparer une transition transgenre est, en un sens, plus simple. Il n’est pas nécessaire de lutter pendant des années pour obtenir cette opération qui exige des années de lutte pour les personnes transsexuelles. L’inconvénient est que, malheureusement, dans la plupart des pays, la société ne la sanctionne pas encore par un changement de documents d’identité qui signifie que "c’est fait". Les personnes restent dans ce que les autres voient comme un "no man’s land", un territoire qui désécurise d’autant plus la société qu’il est privé des repères qu’elle juge si essentiels. Mais il n’y a aucun doute que de nombreuses personnes se sentent à leur place dans ce territoire qui leur correspond profondément. Et ca ne les dérange pas que leur transition n’ait pas les rites de passage et les événements profondément marquants qui rythment la transition des personnes transsexuelles. Dans certains pays, elles arrivent à utiliser la notion de "nom d’usage" qui leur permet de mettre au moins partiellement à jour leur identité, ce qui leur procure également un minimum de sécurité par rapport aux autorités publiques.
En particulier, un grand nombre de personnes FtM se situent bien dans une transition de ce genre.
Il y a un point qu’il convient cependant de considérer avec soin, c’est celui des effets à long terme d’un traitement hormonal antagoniste aux hormones que sécrète son propre corps.
Prendre, par exemple, un anti-androgène comme l’androcur pendant deux ans comporte peu de risques pour sa santé physique. Au delà de quatre ans, les choses changent, et il est possible que le foie soit endommagé.
Quand on envisage une transition transgenre, on envisage un traitement hormonal à vie, c’est à dire sur plusieurs décennies. Comprendre quels en sont les risques, dans le cas spécifique d’une personne non (ou partiellement) opérée est donc très important.
Une transition précoce, entre le milieu et la fin de l’adolescence offre d’immenses avantages : elle permet à la personne de stopper très vite les effets de la puberté, ce qui évite de déformer son corps et permettra d’autant mieux au traitement hormonal post-opératoire de déployer ses effets. Elle permet aussi à la personne opérée durant son adolescence de s’intégrer dans vie, dans la société, dans le dialogue amoureux presque au même moment que les autres, ce qui est infiniment plus facile que de le faire au milieu de la quarantaine. C’est donc une chance très précieuse.
Mais c’est aussi une opération encore plus difficile qu’une transition à l’âge adulte. Elle exige le soutien inconditionnel et résolu de ses parents. Elle exige aussi de vouloir faire face à un système (l’école, les médecins, les institutions) qui est profondément effrayé par cette perspective et qui ne fait rien pour la faciliter.
En fait, cela fait quelques années qu’il existe ici ou là des suivis officiels de jeunes en transition. Mais le moins que l’on puisse dire est qu’ils font l’objet d’une opposition aussi féroce que les premiers suivis destinés aux adultes à la fin des années 60. La conséquence est que les familles qui entreprennent cette aventure doivent trouver seules leur propre chemin (endocrinologues, chirurgiens, etc.). Les écoles ne sont pas du tout préparées à accueillir des jeunes en transition et, là encore, cela demande aux parents et aux jeunes eux-mêmes d’être très créatifs pour passer dans un système qui ne reconnait même pas leur existence. Il date un peu, mais le témoignage d’Evelyn montre à quel point cela peut être difficile pour une mère d’aider son enfant à réaliser sa transition.
Protéger sa sphère privée est une autre thématique majeure pour toute personne qui envisage une transition. Il s’agit de contrôler qui a accès à quelles informations à votre sujet et d’empêcher des fuites intempestives et potentiellement dommageables.
Contrôler la diffusion de l’information nécessite beaucoup de prudence et pas mal de réflexion. En ce qui concerne votre activité sur Internet, il est essentiel de bien garder à l’esprit que ce média est une forme de place publique et que tout ce qui y est publié peut être stocké, archivé et retrouvé un jour ou l’autre. Utiliser un ou plusieurs pseudonymes qui ne peuvent pas facilement être liés à votre identité légale (d’avant et d’après votre transition) est donc une précaution de base.
Cette question concerne également les prestataires de soin et les systèmes de sécurité sociale et/ou d’assurance maladie. Une personne en transition peut, par exemple, souhaiter conserver confidentiel le fait qu’elle suit un traitement hormonal. Il s’agit, par exemple, d’éviter que son employeur n’apprenne cette information à un moment que vous jugez prématuré. Il peut être important qu’une assurance maladie n’apprenne pas cette information trop tôt afin d’éviter qu’elle ne prenne des mesures qui pourraient poser des problèmes par la suite (comme le refus de remboursement de prestations particulièrement couteuses). Cela peut aussi être important d’éviter que cette information ne reste quelque part et qu’elle ne vous desserve par la suite (par exemple en servant de trace d’une transition que vous avez effectué dans le passé).
Le problème est encore plus aigu pour les personnes qui sont actives dans le monde de la santé et pour qui un prestataire de soin est aussi un employeur. De telles situations peuvent accroitre fortement le risque de rupture du secret médical.
Protéger la confidentialité de soins dont vous bénéficiez peut vous amener à prendre des mesures assez radicales. Il peut s’avérer utile, par exemple, de payer de votre poche des traitements dont vous auriez pu obtenir le remboursement. il peut aussi s’avérer nécessaire de recourir à des prestataires qui sont loin de chez vous et qui sont, de ce fait, moins susceptibles de partager des informations avec votre employeur, votre médecin du travail, votre assurance maladie (ou équivalent suivant le pays), etc. Ces mesures sont contraignantes, mais elles peuvent être très importantes pendant et après votre transition.
La plupart des personnes qui ont achevé leur transition souhaitent contrôler de près la divulgation de leur histoire. Elles souhaitent éviter que cette dernière ne change le regard des autres sur elles-mêmes. Elles souhaitent être vues comme la personne qu’elles sont enfin. Elles souhaitent aussi éviter qu’une divulgation ne soit la source de discriminations ou de rejet dans leur nouvelle vie sociale et/ou professionnelle. Une fois leur changement d’identité obtenu, ces personnes vont prendre grand soin à s’assurer qu’il est répercuté partout (banques, assurances, diplômes, curriculum vitae, etc.). Elles peuvent aussi choisir de changer d’employeur, voire d’activité professionnelle, de région, etc. Cela leur permet de redémarrer leur vie à neuf plus facilement.
Pour les personnes qui envisagent une transition, ou qui s’apprêtent à se lancer dans cette aventure, il est très important de bien réfléchir dès le départ à la question de la protection de leur sphère privée. C’est un point qui peut grandement aider à ce que leur nouvelle identité ne soit pas remise en question une fois leur transition terminée.
Il est de plus en plus fréquent que des personnes soient issues d’une immigration ou qu’elles en envisagent une. Les personnes à l’identité de genre atypique qui pourraient être susceptibles d’envisager une transition ne font pas exception.
Pour les personnes qui sont issues d’une immigration, la question de l’acceptation de leur famille, qu’elle soit dans le pays d’accueil ou dans le pays d’origine est importante. Suivant la mentalité de leur famille, elles doivent prendre en compte le risque que cette dernière n’accepte pas leur transition et qu’elles se trouvent rejetées. Perdre son entourage familial est très douloureux et cela constitue la parte d’un important repère social. il peut alors être très nécessaire de reconstituer une nouvelle "famille" sur laquelle la personne pourra s’appuyer.
En même temps, face à une famille ou un environnement peu respectueux, une migration peut être une grande chance. Elle met de la distance avec sa famille d’origine et elle réduit la capacité de nuisance de cette dernière. Dans la mesure où le pays d’accueil de la personne dispose de prestataires respectueux et des facilités nécessaires, une migration pourra faciliter une transition. Les personnes devront cependant faire attention au fait qu’une naturalisation risque d’être indispensable si elles souhaitent obtenir une nouvelle identité et un nouveau certificat de naissance dans leur pays d’accueil.
Pour finir, il peut être utile que les personnes migrantes ne perdent pas de vue qu’une transition peut constituer une deuxième émigration pour elles et que ces deux migrations risquent de se combiner (et d’interférer).
Quand une personne s’engage dans une transition, elle entreprend une démarche qui va changer sa vie. Elle va aussi se lancer dans de nombreuses démarches et ces dernières vont prendre du temps. Ce temps va être ressenti d’autant plus douloureusement que la personne a enfin trouvé l’énergie de se mettre en marche et que, soudain, elle est pressée d’avancer. C’est là que les retards, les vacances d’une personne devant traiter son dossier, le délai nécessaire pour obtenir un rendz-vous, les petits couacs de la vie, où le temps nécessaire aux différentes étapes d’une transition devient trés lourd et très difficile à vivre. Il n’y a là rien d’insurmontable. Mais c’est là encore un point où le fait de disposer du soutien de ses proches est très précieux. Leur accueil quand la situation est ressenti comme insupportable peut beaucoup aider à passer des étapes qui, dans l’instant, peuvent être ressenties comme absolument insupportables.
Historique :
08.02.08 : ajout des deux derniers paragraphes : protéger sa sphère privée et questions de migration
06.05.08 : ajout du paragraphe "se préparer à faire face à l’attente".
hello !!!
eh bien je lit depuis le debut de la matinee vos articles(je les lie apres avoir pris ma decision).et je suis contente de voir que je ne suis pas seule dans mon cas !!!bref je ne sais pas si je fait bien de commencer par allez voir un sexologue,sera t il me conseillee ?j ai l enorme avantage que la plus part de ma famille soit au courent de ma situation (pere mere beau pere soeurs oncle tantes et cousins et cousines(l une d elle vas m aider dans mes demarches) cela fait un moment que je joue enormemant sur mon coter endrogine et de ce fait je n ai pas vraiment besoin de changer de garde robe je me travesti en douce chez moi quand je suis seule...j ai aussi fais l experience (rater mais au combien enrichissante)de sortir habiller en femme bref il ne me reste plus qu a passer le pas et commencer a me faire suivre par un therapeute. mes questions sont les suivantes :
comment cela ce passe t il ? si je suit le protocole francais ai je une chance d aboutir au resultat que l on attend toutes ? combien de temps dure t il ? comment expliquer cela a ma hirarchie ? en cas de probleme professionel comment retomber sur c est patte ? est ce que creer une petite entreprise peut etre un plus ?
dans l atente de vos reponse melodie
Bonjour Melodie et merci de votre message.
Si je vous comprends bien, vous vivez en France et vous êtes déja dans la vie active (vous avez un travail). Vous êtes "out" face à votre entourage familial et vous jouez déja un maximum de votre côté androgyne. Vous avez déja essayé de sortir habillée en femme et vous vous interrogez sur la suite de votre démarche pour pouvoir vous assumer pleinement. Vous vous demandez ce que vaut les protocoles officiels français, qui va pouvoir vous aider et comment vous y prendre au mieux.
Est-ce que vous sentez depuis quand vous avez conscience de votre différence ? Comment est-ce que vous vous définissez ? Comme une personne transgenre ? Comme une personne transsexuelle ? Quel sens donnez-vous à ce mot ? Est-ce que vous songez à des changements physiques ? Lesquels ? Etes-vous en paix avec votre différence ou est-ce que vous devez encore travailler à mieux l’accepter et l’intégrer ?
En ce qui concerne les protocoles officiels français, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont mauvaise réputation parmi les personnes concernées. vous en trouverez d’ailleurs quelques traces sur ce site. Ils sont réputés foncièrement non respectueux, stigmatisants, pathologisants et comme contribuant encore un peu plus à écraser les personnes qui leur parviennent et qui sont déja souvent très malmenées par la vie. Ils ont aussi la réputation d’être viscéralement hétéronomés (les transsexuelles lesbiennes et les transsexuels gays n’ont aucune chance chez eux) et surtout de se permettre de sélectionner les personnes qu’ils considèrent comme les "bon-ne-s transsexuel-le-s" selon des critères arbitraires et dénués de la plus simple humanité et du plus simple respect des personnes qui les consultent.
Mais, à ma connaissance, dans plusieurs régions, il existe des psychiatres en pratiques privée, qui sont considérablement plus respectueux que les programmes officiels et qui permettent à un nombre croissant de personnes de faire leur passage en évitant la broyeuse officielle. Ne sachant pas où vous résidez, je ne peux que vous suggérer de consulter la carte de la fédération française des centres LGBT pour trouver quelque chose qui soit proche de votre domicile.
bonjour marie noelle
d abord merci de cette reponse que je ne pensee pas aussi rapide ! pour repondre a vos questions je pense clairement etre une femme et je n arrive d ailleur plus a me suporter dans une glace en fait je me "travestie" depuis toujour puisque au plus loin que je me souvienne je m abiller en fille grace aux habits de mes soeurs...je suis effectivement en paix avec mon "etat" je pense que le fait d en parler librement avec les gens qui m entoure et un plus pour moi et pour eux doit le sens ou il n y a plus de tabous.il me viend ce soir une autre question :
comment choisir sont nouveaux prenom ? faut il faire participer les gens autour ?je me suis dit que je pourais demander a ma mere qu elle me donnent le prenom qu elle maurait donner si...est une bonne idee ?
Bonsoir Mélodie,
Il n’y a, bien sûr, pas de réponse toute faite à votre question. Quelle est votre propre intuition à ce sujet ? Y a-il une manière qui vous parait particulièrement appropriée ? Est-ce que vous sentez en vous un prénom qui aurait été le bon ? Avez-vous une autre intuition ? Cela dépend vraiment de ce que vous sentez en vous-même.
Bonjou Mélodie,
Je peux juste te souligner que la plupart des transexuel(le)s choisissent eux-mêmes leur prénom ; un prénom qui sera le leur jusqu’à la fin des jours. Un prénom qui te plaît, est chèr à ton coeur, te définit, te rend à l’aise, bref un prénom qui veut tout dire pour toi. Certes, tu peux toujours demander à ta mère, mais sache que c’est toi qui a le dernier mot. De plus, tu pourrais ne pas aimer le prénom choisit par ta mère et te dire le restant de ta vie que tu aurais pu choisir un meilleur prénom.
Ne lâche pas, courage !
Une transexuelle, Ayako
Bonsoir Stéphanie
Si je vous comprends bien, vous me contactez à un moment particulièrement douloureux de votre transition. Vous me dites que votre compagne "craque" et j’entends bien combien cela vous rend triste et groggy. Est-ce que vous avez vu venir cette crise ? Est-ce que cela fait longtemps que votre compagne réagit et signifie qu’elle n’accepte pas que vous vous assumiez ? Ou est-ce tout récent et vous n’avez rien vu venir ? Est-ce que vous avez mis une immense énergie à lutter pour essayer de faire en sorte de ne pas perdre votre compagne durant votre transition ?
J’entends que vous vous sentez perdue et que vous avez besoin d’aide. Mais quel genre d’aide est-ce que vous attendez ? Qu’est-ce que vous cherchez ?
Cette crise est une chose d’autant plus douloureuse que vous tenez particulièrement à votre compagne et qu’elle intervient à un moment où vous avez beaucoup besoin de vous sentir soutenue et entourée. Est-ce bien cela ? Se pourrait-il également que l’acceptation de votre compagne serait pour vous le signe que vous allez pouvoir réussir votre transition et être pleinement acceptée après ? Est-ce bien cela ?
Que dire ? J’entends votre douleur, j’entends que vous vous sentez groggy. Et même si je ne vous ai jamais rencontrée, cela me rend triste. Mais je n’ai hélas pas de truc ou de baguette magique pour vous permettre de résoudre cette crise sans douleur. Il est malheureusement très fréquent qu’un couple vole en éclat au moment où l’un de ses membres se met à assumer sa transsexualité et entreprend sa transition. Cela n’est pas systématique, mais très fréquent. Cela fait très mal et la rupture intervient le plus souvent à un moment critique pour la personne en transition.
Si je ne peux pas enlever cette épreuve de votre vie, je peux essayer de vous accompagner dans la mesure de mes modestes moyens. Cela commence par accueillir le fait que vous vous sentez groggy et que vous avez besoin, me semble-il de vous retrouver. Est-ce cela ?
C’est très difficile de réfléchir quand un a reçu un pareil coup. Mais c’est d’autant plus indispensable que vous allez vous retrouver dans une situation douloureuse quoi que vous fassiez. Alors choisir l’option qui est la plus juste pour vous, qui a le plus de potentiel de vie à terme est peut-être très important. Qu’en dites-vous ?
Vous entreprenez votre transition maintenant, à 43 ans. Si je comprends bien, cela veut dire que vous avez attendu très très longtemps pour oser vous lancer. Est-ce que c’est correct ? Et il a bien fallu un événement déclencheur pour que vous sentiez que c’était maintenant ou jamais. Est-ce bien cela que vous avez vécu ?
Si cela est correct, est-ce que vous pouvez imaginer renoncer à cette transition ? Est-ce que vous pouvez vous voir dans 10 ou 20 ans, en ayant renoncé à cette dernière, jouant toujours le même rôle et en ayant la même apparence, mais en plus âgé ? Ou est-ce que c’est bien devenu insupportable ? Et si c’est supportable, par quel chemin êtes-vous arrivée à entreprendre une transition ?
Mais si cette perspective vous est insupportable, comment est-ce que vous réagissez à l’ultimatum de votre compagne ? J’entends bien que vous tenez énormément à elle, mais comment est-ce qu’une personne qui aime profondément la personne que vous êtes vraiment peut exiger de vous de renoncer à ce que vous avez de plus précieux, à savoir votre vrai visage ? Qui peut légitimement exiger un tel sacrifice ? Ou se pourrait-il, aussi douloureux que ce soit à admettre pour vous, qu’elle n’ai jamais aimé que le fantôme que vous avez du projeter pendant tant d’années ? Se pourrait-il que le fait de faire votre transition soit un test de vérité ?
Si je puis me permettre, comment se fait-il que vous soyez attachée à une personne qui exige un tel sacrifice de vous ? Se pourrait-il qu’on ait exigé un tel sacrifice de vous depuis votre plus petite enfance ? Se pourrait-il que vous ayez passé votre vie deviner et satisfaire les besoins des autres ? Se pourrait-il que votre relation de couple actuelle se trouve dans cette même dynamique, quelles que soient les qualités de votre compagne ? Et si cela est le cas, est-ce que vous avez toujours envie de vivre dans cette même dynamique ?
Et est-ce que vous vous sentez vivre une vie satisfaisante en ne donnant de vous même qu’un masque, même si c’est ce que les autres attendent ?
Ces quelques questions sont d’autant plus difficiles que vous y faites face en plein milieu d’une crise douloureuse. Les réponses peuvent mettre du temps à venir et à prendre une consistance assez ferme pour que vous puissiez sentir clairement ce que vous avez à faire.
Voici quelques bribes de réponse qui me viennent en vous lisant. Mais n’hésitez pas à me recontacter si vous le souhaitez.
Bonjour et merci de votre message. Je suis très heureuse de savoir que votre mère commence à vous comprendre et à vous accepter tel que vous êtes.
Les organismes qui font des prêts sont habituellement des banques et elles demandent toutes des garanties. j’ignore selon quelles modalités les banques françaises décident d’accorder un prêt, mais il est habituellement possible d’en obtenir un si on peut prouver qu’on a des revenus suffisants pour le rembourser.
Je comprends bien que, dans votre situation, le fait de cacher certaines parties de votre corps est quelque chose de très important. Mais il y a une autre mesure qui pourrait y contribuer, à savoir des bloqueurs d’hormones qui ralentissent voire stoppent les effets de la puberté. Est-ce que vous avez contacté les associations de votre région et est-ce qu’elles ont pu vous donner l’adresse d’un endocrinologue respectueux ? Cette personne pourrait vous prescrire les médicaments nécessaires.
Par ailleurs, il me semble me rappeler qu’il y a au moins un chirurugien qui prend en charge des personnes FtM et qui est remboursée en France, à condition de bénéficier d’un papier appelé "A.L.D" (ce qui doit signifier "affection de longue durée"), c’est le Dr. Monstrey à Gand. Mais il vous faudra le soutien d’un psy reconnu par le système de santé français.
Comment vous sentez-vous maintenant ? Est-ce que vous commencez à pressentir que vous allez pouvoir trouver un chemin qui vous permette de vous assumer ? Est-ce que vous vous sentez en confiance ?
Meilleures salutations
J’ai 19 ans depuis peu de temps et je réside au Canada (Québec pour etre plus précis) et j’envisage depuis un bon moment une transition Mtf. J’ai commencé a me travestir (lorsque je suis seul) depuis 13 ans, car je me considérais plus comme appartenant au gendre féminin, et c’est que depuis 17 ans que j’envisage l’opération. Je suis quand meme un homme (pour le moment), mais je remarque déja des préférences du coté des activités féminines (je suis pas trop sportif (j’aime pas le hockey, pas le football, etc.), j’aime cuisiner (même si je suis nul pour le moment ^^), mes goûts musicaux ressemblent à ceux des filles, j’aime m’habiller en fille (même si je le fais pas lorsqu’il y a quelqu’un, je commence à vouloir sortir "en femme", mais j’ai peur d’être regardé... comme je l’ai dis, je suis gêné), et je n’aimes pas vraiment être dans le corps d’un homme...)
Le problème est que je ne sais pas comment procéder et mes parents ne sont pas encore au courant (je suis très géné, mais déterminé). Le procédé est coûteux (et j’espère que mes parents seront d’accord, ils sont très ouvert) pour payer la totalité des frais. Sinon, les files d’attentes semblent très longues au Québec, et c’est pourquoi je pensais etre opéré a l’extérieur du système de santé public (le privé est plus cher, mais moins d’attente) ou même encore, a l’extérieur du Québec !
Je sais pas ou comment, qui aller voir, quoi faire...
C’est pour sa que je demandes de l’aide de votre part,
Amicallement,
(Anonyme)
Voila, je l’ai dis à ma mère (qui le dira ensuite à mon père), et je l’affirmerai aussi devant mon frère en temps voulu... ma soeur le sais déja aussi.
Elle me soutient, comme j’ai mentionné, et acceptes de commencer les démarches bientôt, c’est-à -dire, qu’elle va aller voir les démarches exactes, prendre un-e psychologue (un-e spécialiste). Ce sera par contre au retour de janvier, car je vais en vacances. En ce qui concerne le paiement, je devrai payer de ma poche, c’est là le problème, mes parents ont trop de dettes pour m’aider !
Mais bon, j’ai très hâte de commencer le traitement, plus que je m’approcherai de mon but ultime : ressembler à une femme, plus je serai heureux ! Il faut juste que je sois patient, c’est dur parfois... Ca fait un an que j’ai le projet en tête et ca ne fait que commencer...
Merci de répondre à ces messages,
Amicallement,
(Anonyme)
Voila, le 3 quart de ma famille le sait, ca fait du bien... Je compte bien le révéler a mon frère bientôt aussi, et ce sera complet (je n’inclue pas les oncles, tantes, ... pour le moment).
Je dois dire que j’ai fais quelque recherche, et GRS Montréal semble les meilleurs, et très qualifiés. Cependant, en regardant les critères d’admission, je me pose la question : "Vais-je réussir ?" ou "Vont-ils me permettrent de faire l’opération ?" ou "Vont-ils me prendrent parmis leurs patients ?" ...
Mais je gardes espoir, il ne faut pas que j’abandonnes, surtout pas !
Parmis, les démarches, il faut que j’aille deux lettres (l’une par un titulaire d’une maitrise dans le domaine, l’autre par un psychiatre ou psychologue clinicien... Ensuite, la réassignation dois etre recommandé par un thérapeute clinicien béhavioriste (il faut que je sois suivi au moins 6 mois par l’un d’eux) et vivre minimum 12 mois dans "ma" peau avant l’opération. (Ce sont en fait, les critères de Harry Benjamin.)
Après quoi, ils pourront probablement étudier ma demande...
Auriez-vous des conseils, ou autres messages qui pourrait m’aider, dans mes démarches ?
Merci de prendre de votre temps pour lire ceci !
Bonsoir,
Je suis très heureuse de savoir que vous vous êtes révélés à vos proches et qu’ils vous soutiennent comme vous le pressentiez. C’est quelque chose d’essentiel, d’encore bien plus important que l’argent !
La plupart des conseils que je peux vous prodiguer, en tout cas ceux qui s’appliquent à un bon nombre de personnes, se trouvent dans l’article auquel vous avez répondu. Le site de Lynn Conway peut également vous apporter des informations complémentaires.
Il y a plusieurs écueils auxquels une personne transsexuelle doit être attentive. La perte de son réseau social, la perte de son travail (ou de sa formation) sont parmi les plus dangereux. En ayant obtenu le soutien de vos proches, vous avez notablement limité les risques. Le manque d’argent peut évidemment se révéler dramatique. Pour les MtF, commencer son épilation trop tard peut également avoir des conséquences très difficiles.
Le plus urgent est peut-être de :
Contacter Wpath pour avoir une liste de thérapeutes
Trouver d’autres personnes dans votre région qui pourront vous dire quelle est leur expérience avec les thérapeutes dont vous aurez obtenu les coordonnées
Définir de quelles ressources financières vous pouvez disposer dans l’immédiat et à moyen terme
Commencer l’épilation de votre visage aussi vite que possible (ici il faut des esthéticiennes, je ne sais pas comment cela fonctionne au Québec)
Voir quelle formation vous allez entreprendre, dans laquelle vous serez à l’aise durant et après votre transition
Voir comment vous allez pouvoir amasser assez d’argent pour financer votre opération (emprunt ?) et les autres traitements tout en faisant vos études.
J’aimerais insister sur le fait que, même s’il n’est pas financier, le soutien de vos proches est très précieux. La plupart des transitions sont des moments très intenses et elles comportent des moments très difficiles sur le plan émotionnel. Savoir qu’on a des personnes qui vous accueilleront et à qui vous pourrez vous confier quoi qu’il vous arrive est très important. Des personnes qui n’ont pas ce soutien peuvent se sentir désespérées.
Bonsoir Joëlle et désolée du retard de ma réponse.
En effet, la situation en France est difficile et nombre de personnes ont beaucoup de mal à faire leur transition, sans parler de pouvoir la faire dans de bonnes conditions. Envisager une transition à 55 ans est aussi assez différent que de l’envisager quand on a 16 ans. Est-ce qu’il y a des choses particulières qui vous préoccupent ?
Bonsoir et merci de votre message.
Vous me ditez que vous vivez au Canada, que vous vous sentez femme depuis très longtemps, que vous pratiquez le cross-dressing depuis de nombreuses années. Vous me dites également que vous êtes maintenant déterminée à entreprendre votre transition, mais que vous avez des difficultés à voir comment la réaliser. Vous me dites aussi avoir un peu peur de parler à vos parents, tout en étant déterminée à le faire. Vous souhaitez de l’aide pour voir comment vous allez vous y prendre.
Je connais mal la situation au Québec. J’ai entendu dire qu’elle était loin d’être facile et une personne FtM m’a dit qu’il n’y avait à peu près rien pour les FtM au Québec. Je sais aussi que, pour obtenir le remboursement de leur traitement, les personnes de plusieurs provinces sont obligées de passer par le Clarke Institute de Toronto, de sinistre réputation. Sa réputation est telle qu’il vaut encore bien mieux payer de sa poche !
J’imagine que vous allez devoir trouver un psychiatre/sexologue en cabinet privé qui soit respectueux et qui accepte de vous suivre. ce dernier pourra vous référer à un endocrinologue puis à des chirurgiens, soit au Québec, soit ailleurs. Certaines personnes ont peut-être réussi à se passer complètement de suivi psychiatrique, mais je ne sais pas si c’est le cas.
Il est important de de trouver d’autres personnes qui ont déjà fait le chemin et qui pourront vous dire comment cela se passe et vous donner les références de quelques psy corrects. Une solution est de contacter des associations locales comme PFLAG (http://www.pflagcanada.ca/fr/index-f.asp) ou égales (http://www.egale.ca/index.asp ?lang=F) ou tout autre groupe que vous arrivez à trouver. Une autre solution consiste à contacter la World Professional Association For Transgender Health . C’est un groupe professionnel spécialisé dans la prise en charge des personnes transsexuelles et transgenres. Ils devraient accepter de vous donner les références de quelques membres de leur groupe dans votre région.
Est-ce que cela vous inspire ? Est-ce que vous avez déjà commencé cette recherche ?
Par ailleurs, une transition est un moment très important qui va exiger beaucoup de vous. C’est important de vous explorer et de découvrir la femme que vous êtes vraiment. C’est aussi très important de ne pas oublier que les femmes ne sont pas des poupées, que certaines font du motocross, d’autres du tir pratique, d’autres du parachutisme, etc. En début de parcours, beaucoup de personnes, ont un tel besoin d’exprimer leur féminité (pour les femmes transsexuelles) ou leur masculinité (pour les hommes transsexuels) qu’elles en oublient leur identité et le fait que les êtres humains ne sont pas des stéréotypes.
N’hésitez pas à me contacter si vous en avez besoin.
Étant donné que je pars pour un mois bientôt, je commencerai le tout en janvier/février.
En effet, ma mère s’arrange avec une amie qui maintient un centre épilatoire afin de commencer à m’épiler le corps et le visage au laser (ce qui se trouve le plus efficace). En même temps, je tenterai avec ma mère de trouver un spécialiste (psychologue, psychiatre clinicien, etc.), je sais pas tous leurs "titres" afin de commencer les démarches.
Cependant, je me posais les questions suivantes, qui restent vagues, même après 3 heures de lectures sur le sujet :
Est-ce qu’il faut que j’aille déjà expérimenté le RLE (Real-life Experience, ou en francais : Expérience en Vie Réelle) avant de prendre rendez-vous avec des spécialistes ? Pour le moment, je vis encore comme un homme (ce que j’ai hâte de changer), comme j’ai mentionné...
Est-ce que je peux commencer le traitement hormonal avant de commencer le RLE, dans mon status de femme ?
Devrais-je attendre après mes études collégiales avant de faire le RLE, pour cause de "discrimination", "changement d’identité (être nommée en femme et non sous mon vrai nom par exemple)", etc.
En ce qui concerne les hormones, selon le HBIGDA, dois-je vraiment expériencer le RLE 3 mois avant de commencer à en prendre, ou selon les régions, cela peut varié ?
Merci encore de votre réponse !
P.S. Si vous vous posez la question, adressez-vous à moi en tant que "il" pour le moment !
Bonsoir,
Cela est sans doute tout neuf pour vous, mais je suis heureuse de savoir que les choses démarrent dans la bonne direction.
Savoir que vous pouvez commencer l’épilation tout de suite est important. J’ai personnellement des réserves sur le laser et une forte préférence pour l’électrique (je connais des personnes qui ont eu des repousses complètes après un traitement au laser et je ne vois pas pourquoi il faudrait courir un tel risque), mais vous verrez bien.
Maintenant, pour répondre à vos questions :
Etre déja en "real life experience" n’est pas un préalable obligatoire pour un rendez-vous auprès d’un-e spécialiste. Certaines personnes sont en traitement hormonal et en real life experience depuis des années avant leur premier rendez-vous, pour d’autres c’est le contraire. En fait, ca dépend de vous. Mais ne pas avoir commencé cette étape de votre vie ne doit pas vous empêcher de prendre rendez-vous.
Commencer un traitement hormonal aussi rapidement que possible (mais quelques mois après le début de votre épilation) est important et très précieux pour un très grand nombre de personnes. Il vaut nettement mieux le commencer avant d’entreprendre votre "real life experience" pour plusieurs raisons. La plus importante est que vous allez pouvoir expérimenter un changement émotionnel important et un changement physique pas négligeable avant de commencer cette étape. La deuxième est que de faire les choses dans cet ordre les rendent nettement plus faciles. La seule contrainte est qu’il est essentiel que vous soyez prête à la perspective de commencer votre "real life experience" au moment où vous commencez votre traitement hormonal. Au bout de quelques mois, votre transformation ne pourra plus être invisible. Là , il faudra assumer.
Je ne connais pas le système des études au Quebec, mais, personnellement, je ferais en sorte d’achever ma transition (et mon changement d’identité) au moment de diplômer et de rechercher un premier emploi. De cette manière là , il n’y aura pas de trou dans votre CV. Cela veut dire qu’il est largement préférable de faire votre "real life experience" pendant, voire avant vos études. Vous risquez en effet de la discrimination et, si elle se produit, elle sera sans doute difficile à supporter. Mais perdre son emploi en pleine transition est infiniment plus douloureux et dangereux. Des personnes finissent par se suicider de désespoir. Les conséquences sont moindres durant les études.
Une chose que Lynn recommande et qui me parait très sensé, c’est de commencer votre "real life experience" au début d’une année académique, ou mieux encore, au début de votre première année d’étude. De cette manière, personne ne vous aura connu autrement. Ca aide.
Autre point important : en tout cas ici, le changement d’identité est la dernière opération, pas la première. Ca n’est pas pour rien que la transition est un moment très délicat !
Ce que recommande HBIGDA, c’est que la personne soit suivie pendant trois mois avant de pouvoir reçevoir une prescription (officielle) pour un traitement hormonal. Pour la plupart des personnes, la "real life experience" commence plusieurs mois après le début du traitement hormonal. Pour les personnes qui ne sont pas encore sous hormones, la séquence est plutôt (1) début de l’épilation (2) début du suivi (3) début du traitement hormonal (4) début de la "real life experience" etc...
Bonne soirée et bon courage. Assumer son visage de femme est une aventure parfois difficile, mais c’est aussi une aventure magnifique !
Merci beaucoup de votre réponse, cela m’encourage grandement !
Ma mère m’a affirmer que j’avais un petit côté féminin (quoi qu’il me semble caché, car je ne m’en suis jamais aperçu moi-même) et c’est le côté qui me préoccupe. Je sais qu’il y a une femme en moi, car mon désir de faire la SRS est plus fort que moi, mais je sais pas si je vais réussir à la faire sortir... Mais je gardes espoirs, avec l’aide de ma mère et de ma soeur, je suis certains qu’ils vont m’éféminiser (ça se dit !?).
Sinon, pour l’épilation, vous dites que l’électrique est plus efficace ? Je vais regarder cela auprès de l’amie de ma mère.
Sinon, en ce qui concerne les études, je suis a ma première session (sur six, soit trois ans au total) dans un programme en informatique... et que si je change d’ "identité" pendant mes études, cela ne passera pas inaperçu. Mon groupe d’amis contient aussi un gay, très sympathique d’ailleurs, alors je suis certains que de ce côté, il n’y aura aucun problèmes... Le problème est mon identité scolaire (sous le nom de Jérémie [male]) et que je risque beaucoup de discriminations, quoi que surement moins pire que le secondaire... Le collège a des étudiants beaucoup plus matures !
Sinon, mon épilation commencera surement en février (je pars jusqu’en janvier comme mentionné) ! je vais suivre vos étapes. Pendant mon épilation, je vais prendre les moyens pour me trouver un spécialiste qui veuille me suivre.
Ma famille est avec moi, ce que je suis content ! Bon nombre des personnes ont été rejeté, dont l’une qui a été a l’école très jeune en tant que trans au USA (un article de votre site). J’ai lu avec passion cette histoire merveilleuse, mais tout de meme triste pour son père et son frère qui l’ont reniée.
Si je commence en février, je risque donc de commencer a avoir mon apparence féminine pour ma troisième session (6 mois, c’est a peu pres cela avant les manifestations, et en comptant le temps du suivi qui est généralement de 3 mois avant qu’ils fassent des prescription d’hormones ? Je dis cela d’après ce que je vois, mais ce ne veut pas dire que ce sera le cas)... Je commence aussi à me demander si je devrais pas changer de collège... par peur d’être maltraité par les autres étudiants... même si je perdrai une année d’étude (déja que j’en ai perdu une autre année pour cause de changement de "branche" d’étude ! Ou dois-je "expérimenté" le collège avec ma nouvelle apparence, et si vraiment je suis maltraité, changer de collège (ou simplement de programme) !?
Aussi, en ce qui concerne la voix, quoi faire de ma voix d’homme ? Quelle est la meilleure solution por rendre mon RLE plus agréable ? C’est la chose qui me préoccupe le plus (après mes études)...
J’ai aussi une autre question en ce qui a trait aux hormones.
J’ai remarquer en lisant des histoires de transsexuelles que certains psychiatres n’offrent pas toutes les mêmes hormones, et en doses différentes. Qu’est-ce qui est recommandé et quelles sont les hormones je devrai prendre !? C’est afin de m’assurer que l’endocrinologue que j’aurai me fournisse bien ce qu’il faut... mais en ce qui a trait aux doses, j’imagine c’est propre a la personne !?
Aussi, combien cela prend de temps avant de remarquer les effets des hormones !? 3 mois ? 6 mois ? ...
Merci encore de votre aide !
Ce sont les endocrinologues et pas les psychiatres qui définissent les prescriptions relatives aux traitements hormonaux et qui suivent les personnes. Ce genre de traitement demande beaucoup d’expérience, de doigté et les nombreuses formes qu’il prend démontre bien qu’il n’y a pas de définition universelle d’un "bon traitement hormonal". C’est quelque chose de très délicat, qui dépend au moins autant de l’endocrinologue que de la personne et de ce qu’elle tolère.
Mais ce qu’on peut dire est qu’il y a des endocrinologues qui préfèrent une approche plus douce, avec des changements plus lents mais aussi moins de risque et moins de tests en laboratoire. d’autres pourront préférer une approche beaucoup plus vigoureuse, avec des effets plus spectaculaires et plus rapides, mais aussi avec beaucoup plus de risques et avec des dosages en laboratoire beaucoup plus fréquents.
Un traitement hormonal mal géré peut avoir des conséquences graves. Pour les MtF, un accident vasculaire peut être mortel. Même si, dans la plupart des cas, il ne l’est pas, après il faut redoubler de précautions. C’est d’autant plus frustrant qu’on a démarré sur les chapeaux de roue. Pour les FtM, un traitement à la testosterone a pour conséquence de très fortement augmenter la libido et les personnes qui n’en sont pas conscientes peuvent prendre le risques de rapports sexuels occasionnels non protégés avec, comme conséqence potentielle, une infection par le sida ou par une IST.
Ma perception est qu’il vaut mieux faire attention, prendre un peu plus de temps et que la voie douce est nettement préférable. Mais c’est à chacun de décider. Certaines formes médicamenteuses, comme les patches ou les gels ont également tendance à réduire les risques.
Quant au temps qu’il faut pour qu’un traitement aie des effets, cela dépend, du traitement et de la personne. Mais disons qu’au bout de 8-9 mois, même avec un traitement prudent, la transformation physique devrait être visible aux yeux de toutes et tous.
Bonsoir,
Je suis heureuse d’apprendre que, pour l’instant, le soutien de vos proches se confirme, c’est vraiment très précieux !
C’est très fréquent que des personnes transsexuelles, quand elles se révèlent, se voient opposer par leur proche un "comment peux-tu dire cela, tu n’as rien de féminin !" (ou "tu n’as rien de masculin !"). C’est d’autant plus fréquent et d’autant plus fort que les parents ont tout fait pour que leur enfant se conforme à leurs attentes et aux comportements que eux considéraient comme acceptables de sa part.
Cela signifie que quand on a vécu dans le mauvais corps et aussi dans le mauvais genre pendant des années, il est inévitable qu’on se soit au moins en partie adapté à ce que les autres attendent de nous. La transition est aussi ce moment très important ou, progressivement, on arrive à se découvrir, à abandonner les comportements, les manières d’être, les gestes qui sont appris et qui ne nous correspondent pas et où progressivement, on découvre qui on est vraiment. Ce chemin d’exploration intérieure et d’expérimentation est long. il prend de très nombreux mois et, pour les personnes qui en ont besoin, il se termine le plus souvent après l’opération. Un danger, surtout quand on se sent fragile, est de passer d’un masque à un autre, c’est à dire de passer d’un comportement masculin stéréotypé et artificiel à un comportement féminin stéréotypé et artificiel (ou le contraire pour les FtM). Les femmes ne sont pas des poupées et les hommes pas des samouraïs. Mais il est inévitable que la personne passe par une phase d’exploration intense, un peu comme à l’adolescence et les stéréotypes sont souvent un passage inévitable. l’essentiel est de ne pas y rester.
En ce qui concerne l’épilation, la différence est une question de risque. l’épilation électrique est plus longue, plus douloureuse, mais définitive. Il n’y a pas de retour en arrière, point. l’épilation au laser est plus rapide et moins douloureuse, mais elle comporte un risque, celui d’une repousse plus ou moins importante de la pilosité. A partir de là , la question est de savoir si vous êtes prête à courir le risque, sachant que de vous retrouver avec une repousse importante en plein "real life experience" est plus que délicat à gérer.
Il est évident qu’un changement d’identité pendant vos études ne passera pas inaperçu, à moins de changer de faculté ou d’université. En même temps, un même changement passera encore moins inaperçu après alors que vous travaillez ! Durant vos études, si vous avez un minimum de soutien financier de la part de vos parents (ou si vous avez une bourse), vous risquez moins que si vous faites votre transition en cours d’emploi.
Une transition est une opération qui demande du cran. Il faut être prête à faire face au regard de l’autre et avoir assez de force pour ne pas vous laisser détruire quoi qu’il arrive ! Même si tout se passe bien, il est possible que votre passé ressurgisse un jour, même plusieurs années après. Qu’allez-vous faire si vous n’êtes pas prête ? Comment allez-vous faire face au regard de l’autre ?
Pendant les études, le rejet de vos camarades / copains / collègues peut faire mal, mais cela fera moins mal que le rejet d’un employeur qui vous précipite au chômage au pire moment possible. Par ailleurs, si vous gérez votre transition dignement, si vos changements de présentation sont simplement la manifestation de votre transformation intérieure, vous avez des chances pour que votre transition se passe plutôt bien. Nombre de personnes ont même réussi des transitions en cours d’emploi, là où il est inévitable de faire face au regard de l’autre. Mais le faire durant ses études est plus facile et vous réduisez fortement les risques de chômage au moment de commencer vos recherches d’emploi.
A partir de là , je ne sais pas si, pour vous, il sera mieux de changer d’institution au moment de commencer votre real life experience. Mais quoi qu’il en soit, il vous faudra le courage de faire face au regard de l’autre quoi qu’il arrive. Il vous faudra aussi avancer tous les sens aux aguets. Une transition est pleine d’imprévus et il faut pouvoir s’adapter et faire face très vite.
En ce qui concerne la voix, plus vous l’aurez travaillée, mieux ça sera. Soit vous trouvez un orthophoniste près de chez vous avec qui vous pouvez travailler, soit vous travaillez, seule pour l’essentiel, avec les quelques méthodes qu’on trouve sur le web, comme celle de Melanie Ann Phillips ou celle de Calpernia Addams et Andrea James
En ce qui concerne le collège, j’avais pensé en parler avec les responsables de l’établissement, ou de la sexologue de l’école. De ce fait, le personnel de l’école serait avisé et pourrait gérer les situations entourant les cas de transexuel(le)s, dont mon cas...
Je sais pas si ce serait une bonne idée... je passerais pas inaperçue, mais au moins, j’aurais une marge de manoeuvre, car le personnel serait au courant à propos du transsexualisme ! De ce fait, je serai "révélée", mais au moins ils ne me prendront pas pour une personne bizarre (oui, j’en suis convraincue que ce serait le cas). Je pense changer de programme après cette été, de ce fait, si je commence le tout en février/mars, quelques résultats apparaitront probablement d’ici le début septembre !
Sinon, je vais considérer l’épilation électrique, car d’après ce que vous dites, je vais préférée la lenteur, mais l’efficacité, que la rapidité... je suis pas pressée, je peux attendre les résultats un peu plus longtemps. De toute facon, je me considère encore très jeune pour faire ma transition... Bon nombre l’ont faite dans leur trentaine !
Je vais regarder les liens que vous venez de me donner, mais si cela ne s’avère pas efficace pour féminiser ma voix, les chirurgies le sont-elles !? Si oui, les risques ? les résultats ? Dois-je absolument être suivi par quelqu’un pour y accéder, si oui, combien de temps approximativement (évidemment, dépend surement du spécialiste si c’est le cas) ?
En ce qui concerne la poitrine, j’ai vu que beaucoup se servaient de "formes" (rembourage), mais je m’étais jamais posé la question avant, et je dois dire que je me demandes si c’est vraiment nécessaire... le temps que ma poitrine augmente. Est-ce vraiment nécessaire, je veux dire, que les effets des hormones ne se feront pas visibles avant un moment et que je vais commencer mon RLE avant 4-5 mois après le début de mes thérapies... Si vous pensez que je devrais m’en procurer, pour mon RLE (je dois dire que je sais pas encore quand je vais le commencer... je vais sans doutes commencer a la maison, puis, durant l’été, commencer mon réel RLE), et si oui, ou je pourrais en procurer a bon prix !?
Pour le travail, j’ai un petit travail dans une chaine de restaurant, salaire minimum de 7.75$ CAN + tips (10-15$ par jour environ), et je commence a tout mettre de coté... Oui, j’en ai trop dépenser cette ces temps-ci ! Je vais tout garder pour mon suivi ! Ma "boss" est très sympathique et elle comprendra surement, je suis certains qu’elle ne me renvoiera pas. Cependant, c’est un restaurant, et beaucoup de jeunes y viennent, et je suis au service à la clientèle, mon changement risque de se faire sentir... Me conseiller vous de battre en retraite pour la durée de ma transition !?
Encore un grand merci ! Sans vos précieux conseils, je n’aurais jamais avancé dans mes démarches. Je n’ai pas encore commencer, mais j’ai les points de départ et après mes vacances, ce sera le commencement de ma longue transition !
Je reprend ce que j’ai dis précédemment pour changer ma voix. J’ai regarder les liens que vous m’avez donner et je vais essayer cette méthode (sans garantie de succès, mais je vais essayer). C’est la voix qui me préoccupe le plus...
Les gestes, ma facon de bouger, etc., tout cela risque peut-etre de changer une fois en RLE, surement pas avant, ou bien cela restera comme mon ancien "moi" ! De toute facon, je dois rester "moi-même", que je sois dans mon rôle de femme ou d’homme ! Mai la voix, même si je reste moi-même, je passerai plus pour un homme, qu’une femme, et c’est là le problème qui me préoccupe et qui me fais peur ! Oui, oui, j’ai peur de ne pas réussir à modifier ma voix !!!
Donc, j’ai peur de commencer mon RLE, sans avoir au moins une voix féminine décente, du moins, pour rentrer dans mon prochain programme a lécole dans 8 mois... Mais j’ai beau lire ces conseils, je m’y perd énormément !!! J’ai cependant commander une vidéo explicative sur comment faire, et j’espère que cela suffira, mais je ne peux pas affirmer que cela changera quoi que ce soit. Aussi, j’ai vu que les chirurgies sont très risquées (je pourrais perdre ma voix), donc je pense ne pas recourir à cette méthode... Reste à savoir ce que l’avenir réserve pour moi !
J’espère :
Commencer mon épilation en février et commencer à modifier ma voix (si j’y arrive),
Trouver un psychologue en février pour commencer ma transition,
Commencer les hormones dès qu’il me le permettra, sois avant la fin de juin,
Avant la fin juin, avoir des signes positifs de mon "entrainement" de ma voix, sinon, je passerai surement par des spécialistes de la voix, qui seront plus aptes à m’aider,
Acheter des dessous, vêtements, bijoux, etc. pour :
Vivre partiellement en tant que "Nathalie" à la maison et dans la famille avant cet été, avant mon RLE,
Je pense même redécorer ma chambre pour la féminiser, surtout que ma chambre est vraiment ordinaire et que je l’aime pas tellement...
Commencer mon RLE en août (pour mon nouveau programme) en tant que "Nathalie",
Continuer le tout que j’ai énuméré ci-dessous jusqu’à mon SRS.
Beaucoup de projets, beaucoup d’attentes, mais aussi beaucoup de peur...
Re-bonsoir Nathalie,
J’entends bien à la fois votre envie très forte de bouger, de vous lancer, et en même temps votre peur. Il faut beaucoup de cran et de détermination pour se lancer dans l’aventure d’une transition.Corrigez-moi si je me trompe mais, pour la première fois de votre vie, vous allez vous affirmer d’une manière radicalement différente de tout ce à quoi vous avez été éduqué. Même si vos proches vous soutiennent, il y a de quoi avoir peur, non ? C’est un acte d’affirmation de qui vous êtes qui est absolument majeur.
La peur est un obstacle très lourd pour de nombreuses personnes. Ca n’est pas pour rien que nombre de personnes transsexuelles retardent sans fin leur transition et ne la commencent qu’en toute dernière extrémité avant le suicide. Vous la commencez bien avant !
Un peu comme quand on traverse à pied une grand chaîne de montagnes, cela peut aider de distinguer les moments où on prépare sa route et ceux où on marche. Quand on marche, ce qui compte, c’est l’instant présent, ce qui se passe juste en ce moment. On se préoccupe d’avancer au pas à pas. Cela rend l’ampleur de l’épreuve plus supportable. Il y a aussi les moments où l’on lève le nez et où on réajuste sa route en fonction du chemin et des obstacles, qu’ils soient prévus ou non. Les deux sont nécessaires. Mais avancer pas par pas est important pour ne pas se noyer dans la peur.
En ce qui concerne votre voix (et toute autre procédure médicale), il n’y a de garantie de succès nulle part. Mais les méthodes comme celle de Melanie Ann Philips et celle de Calpernia Addams marchent pour de nombreuses personnes. Il faut aussi savoir qu’elles sont difficiles et qu’elles demandent des mois d’entrainement et de travail avant que les premiers résultats ne soient perceptibles. Cela signifie qu’il faut faire attention à ne pas briser sa voir, à s’entrainer par petites périodes de quelques minutes plutôt que de forcer. Travailler sa voix est ce qui demande le plus de détermination et d’efforts aux personnes qui entreprennent une transition. L’épilation électrique vient juste après. Mais, si vous avez commandé une méthode, vous pouvez commencer à travailler votre voix tout de suite. Vous n’avez pas besoin d’attendre le mois de février. Et, comme cela prend du temps, c’est tout ce temps de gagné.
La gestuelle, notre manière de bouger est aussi quelque chose d’appris. Les familles et la société ont de nombreuses manières d’inculquer aux personnes les gestuelles qu’elles peuvent avoir. Cela peut vous aider de prendre des cours d’expression corporelle dans un groupe composé d’une grande majorité de femmes. Le but n’est pas de remplacer un apprentissage par un autre, mais de désapprendre des comportement et de vous sentir dans votre corps dans une autre façon de bouger. Cela peut vous aider à trouver votre gestuelle, votre manière d’être, etc. Et là encore, il n’y a aucune raison d’attendre pour commencer.
En effet, il vaut mieux commencer sa RLE quand vous avez déja réussi à adapter un peux votre voix. Mais il y a encore pas mal de mois qui vous séparent de ce moment. Il y a beaucoup de travail, mais aucune raison de paniquer. Et si cela prend un peu plus de temps, vous pouvez aussi retarder un peu le début de votre RLE. C’est frustrant, mais cela peut vous aider à la commencer dans des conditions où vous vous sentez à l’aise et prête.
En gros, votre planning est solide, mais il faut compter de 4 à 6 mois entre le début d’un traitement hormonal et celui de votre RLE. L’important est de faire cette expérience quand vous êtes prête. Il vaut beaucoup mieux la retarder, même quitte à la commencer en cours d’année que de la commencer quand vous n’êtes pas prête. Devoir interrompre une RLE est quelque chose de très douloureux et difficile. Les personnes prennent souvent plusieurs années avant de pouvoir recommencer. La retarder jusqu’au moment où vous vous sentez prête est vraiment important.
Quand à votre peur, je l’entends bien. Mais si vous vous investissez tout au long de votre transition comme vous le faites maintenant, je suis sûre que vous aurez la capacité de venir à bout de tous les obstacles (même les imprévus) qui se présenteront sur votre route.
Bonsoir,
Je vois que vous réfléchissez intensément à la meilleure manière de mener votre transition.
Parler aux responsable de votre école est probablement inévitable. La question est de savoir quand cela sera nécessaire et cela dépend de nombreux facteurs. Comment se comportent les universités canadiennes face aux personnes de la mouvance LGBTI ? Est-ce qu’il y a des associations en leur sein ? Peuvent-elles vous apporter des explications et une aide ? Est-ce qu’il vaut mieux en parler aussi peu et aussi tard que possible (grosso modo peu avant ou après le début de votre "real life exprience") ou est-ce qu’il vaut mieux adopter une attitude plus ouverte et en parler plus vite ? Cela sera à vous de le déterminer.
Il existe peu d’information sur les chirurgies de transformation de la voix. Elles ne sont pas très courantes, il y a peu de spécialistes, les cordes vocales sont très délicates et cette opération est décrite comme risquée. Si vous souhaitez vraiment essayer cette solution, il est essentiel que vous trouviez un chirurgien à la réputation impeccable (je n’en connais pas). Il est aussi essentiel que vous gardiez à l’esprit que les chirurgiens ont une obligation de moyens, pas de résultat. Ceci signifie qu’aucun résultat n’est garanti. Ils s’engagent à mettre tout leur art à votre service, mais il peut toujours y avoir des problèmes, même chez les meilleurs. On peut faire la même remarque pour les opérations de réattribution de sexe. Mais ces dernières sont maintenant pratiquées depuis plus de 50 ans, on connait d’excellents chirurgiens et elles sont essentielles pour les personnes transsexuelles. D’un autre côté, il est possible de rééduquer sa voix sans chirurgie.
En ce qui concerne l’usage de formes, cela n’est pas une obligation, loin de là . Certaines personnes préfèrent attendre que leur leur épilation, le travail de leur voix et leur traitement hormonal soit assez avancé pour changer leur présentation. De plus, elles procèdent en douceur. Elles commencent par recourir à des vêtements plus ou moins androgyne ou féminins mais informels ("casual" ou style sport) pendant quelques mois avant d’aller plus loin. Les personnes qui font ce choix n’ont pas besoin de formes. D’autres personnes font le choix de modifier leur présentation nettement plus tôt. Ces dernières recourent aux formes. Très souvent, elles ont également besoin d’une bonne couche de fond de teint pour cacher la marque grise des poils sur leur visage incomplètement épilé. C’est peut-être moins frustrant de démarrer plus vite, mais l’opération est nettement plus contraignante et plus risquée. D’autres sont capables de supporter la frustration et d’attendre 2-4 mois de plus et elles préfèrent un changement de présentation qui leur semble plus doux et plus naturel et qui leur permet aussi de mieux prendre le temps de révéler leur vrai visage de femme, ce qui cette transformation plus évidente et compréhensible pour tous. Comment vous situez-vous dans cette alternative ?
En ce qui concerne votre emploi, est-ce que vous avez le moyen de gagner de l’argent avec de petits mandats informatiques ? Cela devrait mieux payer qu’un restaurant et vous allez avoir besoin de pas mal d’argent, entre autres pour l’épilation de votre visage.
J’essaie de vous écouter et de répondre à vos préoccupations du mieux que je peux. Je suis heureuse de savoir que cette écoute vous est utile. Il n’y a pas de doute non plus que le moment de préparer sa transition est un temps de réflexion intense pour de nombreuses personnes.
C’est une bonne idée de commencer avant, mais sans "visuel", j’ai de la difficulté à saisir. Vous voyez, je suis visuelle, et si je le vois pas, je ne le comprends pas ! Donc, je prefère au moins attendre ça.
Sinon, pour le travail, je n’ai pas encore acquis asser d’années d’étude pour pouvoir travailler dans ce domaine, c’est pourquoi je suis obligé de travailler en restauration...
En rapport avec ma transition, je pense préférée la manière douce, afin de laisser le temps aux hormones, l’épilation et "surtout" ma voix. Même si ma voix en sera pas parfaitement féminine au début, mais que quelques progrès sont fait, cela sera déja bien pour mon début de RLE, en autant que ma voix ne soit plus aussi "grave" que maintenant ! Ce qui veux aussi dire aussi que je ne prendrai pas de "formes", mais me concentrerai à passer plus ou moins "inaperçue" jusqu’à ce que je sois prête. Faut dire aussi que ce n’est pas donné, d’après ce que j’ai vue...
Oui, j’aime planifiée ce que je fais, quoi que je le fais pas lorsqu’il s’agit de mes études ! C’est pourquoi je me prépare un petit schéma, afin de me préparé à cela. Donc, je vais tenter de commencer à travailler ma voix, si j’y arrive...
Encore un grand merci !
Pour information, je pars le 26 (dans 12 jours), et reviens dans les environs du 15-20 janvier, donc je vous recontacterai surement en janvier ou février, sauf si d’autres questions me viennent à la tête !
P.S. Serait-ce possible d’enlever mon réel nom masculin parmis les messages que j’ai envoyée !?
Bonjour Nathalie,
Si vous ne pouvez pas encore visualiser le changement, je comprends que c’est plus difficile pour vous que pour des personnes qui sont auditives ou kinesthésiques. Mais, quelle que soit la forme de vos perceptions, il faudra vous lancer à l’eau et dans l’inconnu, et nager un bon moment, avant de voir les résultats de tout ce changement. C’est désécurisant, mais c’est inévitable.
Préparer sa transition est très important. De l’extérieur, cela peut sembler être une manière très (trop) rationnelle de mener une entreprise qui est d’abord une affaire de coeur. Mais elle est entachée de nombreux pièges et les conséquences sont lourdes en cas d’erreur. D’autre part, ce genre de planification consiste juste en quelques grandes lignes. Vous aurez très largement de quoi écouter votre intuition et faire parler votre coeur sur le chemin.
Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël et de bonnes vacances.
Il me sera facile de mettre à jour l’en-tête des quelques messages. Ca sera nettement plus délicat de modifier le contenu de vos textes. Je m’en tiendrais donc à la première opération.
Oui, c’était les seules places ou j’avais placée mon nom.
J’ai aussi une autre question, eh oui, une autre !
En ce qui concerne la réduction de la pomme d’Adam, est-ce que cela modifie la voix en quelque sorte, ou ne fait que supprimer cette bosse pour un côté plus esthétique !?
Joyeux Noël à vous aussi !
Bonjour,
La réduction de la pomme d’Adam n’a aucun effet sur la voix. Son effet est purement "esthétique", mais il est important pour les personnes pour qui elle est trés/trop proéminente.
Voila, je voulais vous faire part d’un lien que j’ai reçue d’une amie qui, elle aussi, se cherche un psy au Québec. Le lien : http://www.ordrepsy.qc.ca/opqv2/opqrepertoire/service_ref.aspx
Alors si un(e) autre Québécois(e) vous demandes de l’aide afin de débuter ses démarches, ce lien lui sera très utile afin de trouver un psy dans sa région. Mais si je ne me trompe pas, seuls les psy "béhavioristes" peuvent nous aider ?
Je termine en vous souhaitant une Bonne Année 2007 ! (même si je suis en retard) Amitié, Nathalie
Bonjour Nathalie, bonne année et merci de ce lien qui risque, en effet d’être très utile !
Pourquoi est-ce qu’un psy "behavioriste" devrait être les seuls à pouvoir accompagner des personnes durant leur transition ? Je ne vois pas quelle est la contrainte. Que la personne soit membre de HBIGDA me semble nettement plus important, quoi que loin d’être une garantie.
Pourquoi, par exemple, ne pas faire les choix suivants :
Choisir votre région
Cliquer sur "adultes"
Choisir "Homosexualité et identité sexuelle"
Choisir l’orientation "existentielle / humaniste"
Il me semble qu’avec une telle sélection, vous devriez avoir beaucoup plus de chances de trouver quelqu’un d’intéressant. Il vous faudra cependant, et de toutes manière, vérifier que vous vous sentez bien avec la personne que vous choisissez et vous assurer que cette dernière peut rédiger les lettres de recommandation dont vous avez besoin pour votre traitement hormonal, puis pour votre opération (pour autant que vous fassiez ce choix).
C’est vrai qu’il est bien important que je sois à l’aise avec la personne qui me suivra. De ce fait, je me sens plus à l’aise avec une femme, alors j’opterais pour une psy (il faut dire que j’en ai parler qu’avec les filles (mère, soeur, amies, etc) de mon problème d’Identité de Genre et que les hommes qui le savent ont été mis au courant par ma mère ou ma soeur...) !
Alors, vous me suggérez "existentielle / humaniste", je regarderai cela attentivement. Pour ce qui est de "béhavioriste", c’est que j’avais pensée avoir vu que c’était les seuls qui pouvaient nous suivre... Sois l’information était erronée, ou incomplète !
Donc, merci encore ! Je vous donnerai des nouvelles d’ici février.
Bonne chance !
Pendant que j’y pense, cela vaut la peine de "magasiner" avec beaucoup de soins, quand on recherche une personne aidante. Vous avez droit au respect inconditionnel de la personne que vous êtes et si vous tombez sur des psys qui voient votre différence comme une pathologie, il y en aura d’autres qui auront un autre respect et une autre éthique.
Ce qui est essentiel, c’est que vous trouviez une personne qui vous respecte, qui soit à votre service, qui se situe dans une relation de personne à personne et qui vous permette de faire l’expérience que c’est vous qui avez les moyens de mener votre chemin. On peut trouver de telles personnes dans celles qui ont une approche de type "humaniste", mais cela n’est pas une garantie.
Je vous redonnes de mes nouvelles.
Je n’aurai finalement pas à magasiner un psy. Avec l’aide de l’ATQ (que j’ai contactée aujourd’hui), elles m’ont référées à un psy qui pratique à Montréal (j’ai son numéro, me reste plus qu’à le contacter). Il s’agit d’un psy très ouvert aux transsexuel(le)s (que je vais éviter de révéler ici). J’ai donc un bon point de départ pour commencer ma transition. De plus, j’ai commencée à m’épiler (à la cire) avec l’aide de ma mère, et pense bientôt contacter une dermatologue (l’amie de ma mère pourrait possiblement me le faire) pour une épilation laser. Sinon, il reste d’autres places raisonnables (comme des écoles d’épilation) qui peuvent s’avérer utiles dans le cas de mon très faible budget ! Je ne me promène pas "en femme" même si je m’épile (qui s’avère peut-être inutile dans ce cas), mais c’est préférable de commencer l’épilation le plus tôt, car la première fois est toujours la plus ratée.
J’avance donc un peu... lentement, mais sûrement !
Notez bien (à ceux et celles qui lisent ceci), qu’il est préférable d’avoir un psy loin de chez nous (dans mon cas c’est 1 heure de transport en commun), qu’un psy mauvais à 5 minutes de marche !
Amicalement, Nathalie
Bonsoir Nathalie,
Je suis heureuse de savoir que vous avez l’adresse d’un psy qui pourrait être valable. C’est tellement important. S’il s’avère valable, vous aurez aussi une adresse à donner à d’autre personnes qui viendront après vous. C’est aussi très important de ne pas changer votre présentation tant que cela ne serait pas crédible. Cette attente est difficile à vivre pour de nombreuses personnes, mais elle est importante.
Il n’y a pas de doute qu’un bon psy vaut le déplacement. De plus, pour les personnes qui vivent dans une petite localité, cela leur permet de mieux protéger leur sphère privée tant qu’elles ne sont pas prêtes à faire face aux regards extérieurs.
Bonjour,
Ce que je voulais dire, c’est que les personnes qui changent fortement leur présentation de manière prématurée (par exemple qui sortent en femme alors que leur épilation n’est pas terminée, que leur traitement hormonal n’est pas commencé ou qu’il n’a pas eu d’effet et/ou qui ne sont pas prêtes à l’assumer) risquent fortement de subir des rejets voire, d’avoir des ennuis. Cela peut aussi être le cas pour des FtM, même si ces personnes sont moins visibles.
Conserver votre présentation masculine pendant les mois qui vous séparent du moment où vous serez pête à commencer votre RLE peut aussi être très pénible. Ce que je vous suggère, c’est d’adopter une présentation androgyne durant tout ces mois. Cela ne vous empêchera pas de faire des expérimentations, par exemple en matière de bijoux, de t-shirts, etc. mais ces changements devront rester discrets. Mais, toujours par exemple, rien ne vous empêche de vous trouver un solitaire serti clos (plus discret et nettement plus pratique quand on travaille) et des clous d’oreille en diamant. C’est discret, élégant, de très bon goût et oser porter ces bijoux en toutes circonstances sera déja pour vous une occasion de vous expérimenter.
J’oubliais de préciser que je pensais commencer mon RLE si ce devenait possible cet été (en vue d’être prête pour continuer mes études collégiales sous ma nouvelle identité). Mais est-ce plutôt préférable, par exemple, d’attendre une année de plus et être "prête" tant qu’à être pas tout a fait prête et être remarquée ? Par exemple, si je n’ai toujours pas adapté ma voix, mais que le reste "passe", je risque fort de ne pas passer inaperçue... Je pourrais faire mon RLE "familial" et dans mon cercle d’amis, etc., mais m’abstenir de se présenter comme telle à l’école ?
Faut dire que les jeunes de nos jours sont très violents et pas très ouverts pour une bonne partie d’entre eux. C’est pour ça que je me demande si je ne devrais pas plutôt attendre de passer plus "inaperçue" (1 an et 6 mois d’attente plutôt que 6 mois dans le cas de l’école) que de faire une transition très voyante et me faire nommer de noms a tour de rôle toute la journée (fort probable)... Ca me dérangera pas d’aller magasiner ou bien faire l’épicerie, mais à l’école - qu’il faut je me présente presque tout les jours, devant des milliers d’étudiants dont une bonne cinquantaine de camarades de classe me connaissent - ça sera dur moralement si je ne rentre pas dans les genres "hommes" ou "femmes".
C’était mon petit message de questionnement auquel je serais ravie que vous répondiez.
Amitié, Nathalie
Re-bonjour,
Il m’est très difficile de répondre comme cela à votre question.
D’un côté, on peut s’attendre (du moins en Europe) à ce que les étudiant-e-s qui commencent des études universitaires soient plus ouvert-e-s et tolérant-e-s. Est-ce toujours le cas ? Cela fait trop d’années que j’ai quitté les bancs de l’université pour avoir quelque expérience dans le domaine. Et il est vrai que certains jeunes sont devenus très intolérants et même violents. Le nombre d’élèves qui occupent un amphithéâtre, bien plus élevé que dans une classe permet aussi de préserver une part d’anonymat. Est-ce que vous savez si l’université dans laquelle vous allez étudier comporte une association LGBTI ? Cela pourrait beaucoup vous aider.
Et puis, le plus important, c’est le rythme de votre chemin personnel. Ni moi ni personne d’autre ne peut prédire quand vous serez prête à vous assumer en public. Ce que je peux vous suggérer, c’est de rester attentive à votre évolution et de voir, quand le moment sera venu, si vous êtes prête à faire le saut ou si vous préférez attendre une année de plus.
Eh bien, j’ai commencée à porter des colliers (que j’ai achetée a Panama). L’un d’eux a une forme de coeur avec une pierre au centre. Vraiment très beau, et je n’ai aucun problème à le porter, et ce, même à l’école. Évidemment, c’est un collier plutôt androgyne, je trouve. Je vais sans doutes acheter plus de bijoux prochainement, et me faire percer les oreilles en mai-juin (mon travail actuel m’en empêche).
Effectivement, je pense attendre pour faire mon RLE extérieur (ce n’est pas la même chose en famille) et attendre d’être avancée (j’essaie de prendre contact avec le psy qu’on m’a suggéré), je vais changer ma garde-robe, etc. Un moment "androgyne" sera peut-être bien... qui sait ? mais ce sera pas pour tout de suite. Le moment androgyne me permettrait de développer ma voix, mes seins, ma gestuelle, etc. et le tout, discrètement. Mais je suis tout de même convaincue que plusieurs remarqueront ce qui se passe. Je pensais faire ma transition cet été (afin d’être prête à l’automne pour le début de la deuxième année de mon programmed d’étude), et je pense effectivement la faire, mais "androgyne". On ne remarquera peut-être rien, qui sait ? Mais c’est sans doutes préférable, même si je préfèrerais ne pas passer par un moment androgyne. Je serai moins remarquée, et plus apte à continuer plus loin encore...
Sinon, oui, il y a une association à mon collège pour Lesbiennes, Bisexuel(le)s et Gais, et j’ai pris contact par e-mail. Cependant, je n’ai pas encore le courage de m’y présente "en personne".
Amitié, Nathalie
Bonjour Nathalie,
Il n’y a aucun doute que les personnes que vous côtoyez vont remarquer ce qui se passe. Il me semble que cela vous fait très peur, non ? Qu’est-ce que vous craignez ? Le rejet ? Les violences ? Les moqueries ? Etre stigmatisée par des personnes qui ne comprennent rien ? Etre abandonnée par vos aimi-e-s ?
Passer par une phase "neutre" ou "androgyne" ne change pas le fait que les autres vont voir votre évolution. Elle a pour but de vous permettre une transition en douceur, qui vous permette de gagner en assurance, de vous expérimenter et de patienter dans des conditions supportables avant le grand saut. Mais il n’y a aucun doute que certaines personnes vont voire votre évolution et que c’est un terrain d’expérimentation qui va vous permettre de vous affirmer paisiblement et progressivement face au regard de l’autre.
Ce terrain d’expérimentation peut aussi vous permettre d’explorer vos peurs, vos insécurités. C’est peut-être l’occasion de vous expérimenter dans un rôle plus aventureux.
Rebonjour Marie-Noëlle,
Après cette longue absence, j’ai enfin eu ma séance avec le psychologue (et sexologue) que l’on m’a référé. Il est super sympathique, compétent et compréhensif et je suis bien à l’aise avec lui. Je pense continuer avec celui-ci. De l’autre côté, j’ai enfin trouvée une dermatologue pour mon épilation, ce qui m’aidera grandement lorsque sera venu le moment pour moi de m’afficher (de faire mon coming-out publique) !
Pour le moment, j’en ai parler avec toute la famille rapprochée (incluant oncles, tantes, grands-parents, etc.) et je me sens encore mieux qu’à l’origine... probablement car je sais que j’avance vers ce que j’aspire. Bien que je n’aie pas encore commencer ma vie de femme (RLE), j’espère être prête cet été, à le faire. Mais pour ce faire, je me dois d’être prête mentalement et physiquement (avoir un bon "passing"), sinon, je ne pense pas avoir le courage de sortir. C’est là ou j’en suis.
Vous êtes la première à qui j’ai parlée, et c’est pourquoi je me dois de vous tenir au courrant, vous êtes ainsi dire, celle qui m’a montrée le droit chemin.
Amitié, Nathalie
Bonjour et félicitations pour oser montrer votre vrai visage à votre âge !
Je suis aussi très heureuse de voir que vous êtes accueilli tel que vous êtes au moins par votre mère.
La question que vous posez est de nature juridique, domaine que je connais mal. De plus, la réponse risque fort de varier de pays en pays.
Voici néanmoins une esquisse de réponse pour la Suisse. Je vous la donne sous toutes réserves, et sans aucune garantie. si vous voulez des certitudes, le mieux sera de consulter un avocat.
En Suisse, le droit de la famille fait partie du code civil. D’après mes rudiments de connaissance de ce dernier, la situation est différente selon que vos parents sont séparés ou non. S’ils sont mariés et qu’ils vivent ensemble, ils exercent ensemble l’autorité parentale. Donc, dans un cas pareil, votre père pourrait s’opposer à ce traitement. Maintenant vous avez 15 ans, et, vu votre âge, je ne sais pas s’il a vraiment le pouvoir de l’interdire. Par contre, le climat au sein de la famille risque d’être lourd.
Si vos parents n’ont jamais été mariés, c’est, normalement, votre mère qui exerce seule l’autorité parentale.
Si vos parents sont séparés, voire divorcés, il faut savoir si c’est votre mère qui a votre garde (et donc l’autorité parentale) ou si elle est exercée en commun. Donc il faudrait savoir à qui le juge a attribué votre garde. Si c’est votre mère, elle n’a pas besoin de l’accord de votre père pour lancer le traitement.
Suivant sa réaction et s’il ne supporte pas que vous assumiez votre différence, Il est possible que votre père essaie de remettre en cause le fait que la garde ait été attribué en justice à votre mère. Mais vu le temps que prend ce genre de procédure et vu votre âge je doute qu’il réussisse et je doute que la procédure n’aboutisse avant que vous soyez majeur (18 ans en Suisse).
Par ailleurs, je ne sais pas dans quel cadre vous entreprenez votre transition, mais, si vous êtes suivi par un psychiatre, que ce dernier a "diagnostiqué" (confirmé serait plus juste à mes yeux) votre transsexualité et que ce dernier vous a officiellement recommandé à un endocrinologue, votre père aura fort à faire pour s’opposer à votre traitement hormonal.
Voilà ce que je peux vous dire avec mes rudiments de connaissance du domaine. Une fois encore, si vous souhaitez un avis plus assuré, il pourrait être utile de consulter un avocat qui connaisse la situation de votre pays.
Par ailleurs, si vous souhaitez continuer cette conversation en privé, vous pouvez, bien sûr, me contacter directement.
Re-re bonsoir
Si je propose d’échanger par courrier électronique, c’est tout simplement parce qu’il peut ne pas être facile de confier des questions particulièrement personnelles sur un site web. J’ai à coeur de proposer une forme de relation dans laquelle vous puissiez vous sentir en confiance, dans laquelle vous sentiez que votre sphère privée est protégée efficacement et dans laquelle vous vous sentiez maitre de la relation. Mais cela n’est qu’une solution parmi d’autres.
Bonsoir,
Afin de vous protéger j’ai remplacé votre ancien pseudo par "anonyme" et j’ai effacé de vos messages tout ce qui pourrait ressembler à une adresse mail. Il me semble que cela devrait suffire. Est-ce que cela vous va comme ca ?
Bonsoir,
A ma connaissance, il est possible d’entreprendre un traitement hormonal même si votre croissance n’est pas achevée. Dans votre situation, ce dernier devrait de plus avoir l’avantage d’orienter votre croissance dans le bon sens.
Il y a des cas d’adolescentes MtF qui ont bénéficié d’un début de traitement dès l’âge de 13 ans. Un protocole est en cours de développement, en particulier en Hollande. Cette référence indique que, jusqu’à 16 ans, le traitement pratiqué est réversible. A 16 ans commence un traitement beaucoup plus intensif. Pour les jeunes qui en ressentent le besoin, l’opération a lieu à 18 ans, ce qui leur permet de se lancer dans les études (ou la vie active) et de découvrir la vie amoureuse en même temps que les autres. Je ne vois pas pourquoi des jeunes FtM ne pourraient pas bénéficier du même accompagnement.
Bonsoir
Répondre à votre question est délicat, car les coûts et les possibilités de remboursement dépendent de votre pays de résidence.
Si vous voulez des réponses précises à ce sujet, le mieux sera de contacter des associations locales (360 en Suisse Romande, Sans Contrefaçon à Marseille , Mutatis Mutandis à Bordeaux , etc.) et de continuer jusqu’à ce que vous obteniez des réponses claires et satisfaisantes.
Mais je peux essayer de vous dresser un tableau de base, en tout cas pour la Suisse romande.
Les frais que vous allez devoir engager sont les suivants :
Accompagnement par un psychiatre
Traitement hormonal
Consultations auprès de l’endocrinologue et tests de laboratoire
Changement de vos vêtements
Opération (si vous la souhaitez)
Mise à jour de vos documents d’identité
L’accompagnement par un psychiatre risque d’être indispensable. Vu que vous êtes mineur, je crains que sans une lettre de recommandation de l’un d’entre eux, aucun chirurgien n’accepte de vous opérer. De plus, cette lettre sera utile pour la procédure de mise à jour de vos documents d’identité. En Suisse, il faut compter environ 150.- CHF TTC (100 euros) par séance. Normalement, ces frais sont remboursés. Si on compte deux ans entre le début du suivi et le moment de votre opération et en supposant une séance toutes les deux semaines, on arrive à environ 50 séances, soit 7’500 francs (5’000 euros). Il y a un autre point délicat. Il me semble me souvenir qu’un traitement de cette longueur constitue un traitement "prolongé", ce qui signifie que votre psychiatre devra communiquer un diagnostic à votre assurance.
Je ne connait pas le coût de la testostérone sur le marché Suisse. J’ai donc de la peine à estimer le coût d’un traitement hormonal. D’après quelques recherches superficielles, il semble qu’il existe des comprimés qui valent environ 40 CHF (25 euros) la boite de 100. Le seul prix que j’ai trouvé pour les injections était de 75CHF (50 dollar). Je sais que la testostérone injectable est nettement préférée par tous les FtM avec qui j’ai été en contact. Si on prend comme hypothèse, une injection tous les 15 jours, on arrive à un total de 1’950 CHF (1’300 euros). J’ignore si ces injections sont remboursables. Je sais que certaines formes d’hormones prises par le MtF sont remboursables et d’autres non.
Il y a, bien sûr, les consultations auprès de l’endocrinologue et les tests de labo, qui varieront grandement selon l’approche de ce dernier. Mais dans la mesure où ces soins sont remboursés, je ne m’y attarde pas trop.
Les coût des opérations de réattribution de sexe des personnes FtM sont très élevés. J’ai entendu parler de 50’000.- CHF (35’000.- euros), voire plus, en Suisse. D’autre part, le problème est que, à ma connaissance, il y a un seul chirurgien qui pratique ces opérations en Suisse, le Dr Jean-Paul Daverio à Lausanne. Il y a une excellente réputation, mais il opère uniquement en clinique privée. Ceci signifie que, si vous n’avez pas d’assurance privée, vous allez devoir payer la différence entre les coûts remboursés par l’assurance de base et ce qui vous sera facturé. C’est une somme très importante et certains font un emprunt pour la couvrir.
D’un autre côté, comme cette intervention n’est pas pratiquée en hôpital public, le refus de remboursement contrevient à la jurisprudence du Tribunal Fédéral qui garantit celui-ci. Donc, il devrait y avoir moyen de faire rembourser une opération, soit en Suisse auprès du Dr. Daverio, soit ailleurs en Europe dans un hôpital public. Mais les associations devraient vous donner plus de détails sur la situation actuelle.
Le dernier point est la mise à jour de vos documents légaux. C’est une démarche judiciaire en rectification d’Etat Civil, c’est à dire une démarche simplifiée sans partie adverse. Il semble qu’à Genève la procédure soit très simple, presque administrative et qu’il y ait juste quelques centaines de francs à payer. Dans d’autres cantons, il vaut mieux se faire accompagner d’un avocat et la procédure peut être plus longue. Dans ce cas, les frais d’avocat peuvent être de 3’000 à 4’000 francs. Mais si les revenus de votre famille sont modestes, vous pourrez peut-être obenir "l’assistance judiciaire" qui prendra en charge vos frais.
Voilà . J’espère ne pas vous avoir fait trop peur avec ce tableau. Mais le mieux est vraiment de contacter des associations comme 360 qui pourront vous donner des renseignements concret et à jour. D’autre part, le vrais "gros" coût, est celui de l’opération, si vous la souhaitez. Mais il est possible de trouver des solutions.
Bonsoir,
Je suis désolée que cette description vous ait inquiété et je comprends bien que vous avez besoin d’aide.
Si vous vivez en France, vous pouvez envisager le Dr Monstrey qui opère en Belgique, qui est connu et apprécié des FtM et qui est remboursé. Donc rien n’est perdu.
Mais si j’insiste sur l’importance de contacter les associations proches de vous, c’est que l’opération n’est pas le début de votre chemin. Même dans le meilleur des cas, il va encore se passer plusieurs années avant que vous puissiez en bénéficier. La première étape, c’est de trouver un psychiatre qui vous soutienne. Ca sera d’autant plus indispensable que vous allez avoir besoin de sa recommandation pour que vos soins soient remboursés. La deuxième sera de trouver un endocrinologue. Nombre de FtM disent combien ce traitement est important, combien il change leur vie, parfois plus que l’opération. Et un traitement hormonal est plus facilement accessible qu’une opération.
Mais, pour y arriver, il vous faut des noms de personnes concrètes, de psychiatres, d’endocrinologues, qui ont déjà travaillé avec des ados. Et moi je ne les ai pas. Là où vous avez le plus de chance de trouver les noms des personnes qui pourront peut-être vous aider, c’est dans les associations et sur les forums FtMs. Les assos ont aussi l’avantage, si elles sont accueillantes et respectueuses, de vous permettre d’expérimenter ce que vous vivez quand vous exprimez votre identité réelle à d’autres. Cela sera important le jour où vous vous trouverez devant un psy. Cela le sera aussi le jour où les effets de votre traitement hormonal vont commencer à se voir. C’est un lieu d’expérimentation protégé qui peut être précieux.
Lors d’une transition, il y a des difficultés. Mais on peut les prendre les unes après les autres et, pas à pas, vous pouvez arriver au bout de votre chemin.
Si votre mère ne vous aide pas autant que vous l’espérez, ce sera peut-être à vous de prendre les initiatives nécessaires. Ca sera moins confortable. Mais tant qu’elle ne vous entrave pas, rien n’est perdu.
Je crois que c’est essentiel que vous trouviez maintenant les noms des personnes concrètes qui pourront vous aider dans votre quotidien. Moi je suis à distance, je ne sais pas où vous êtes (et c’est important pour vous protéger). Mais là , vous allez devoir trouver le nom d’un ou deux psy prêts à vous aider, puis le nom d’un endocrino. C’est autour de vous, dans les assos ou dans les forums que vous les trouverez. Si vous habitez près de Marseille, il y a Sans Contrefaçon qui est une assos superbe. du côté de Bordeaux, j’ai entendu dire que Mutatis Mutandis est aussi vraiment bien. Ailleurs, je ne sais pas. Mais peut-être que l’une de ces deux assos peut vous renseigner. Même si ca vous prend du temps, moi je suis sûre que vous pouvez trouver.
Bonsoir et merci de me partager vos espoirs. Ils sont précieux, tout naturels et bien légitimes. D’un côté, il y a le temps qui vous sépare encore de ce moment. De l’autre il y a votre désir de pouvoir enfin révéler votre vrai visage et de pouvoir vivre votre vie. Il y a l’homme que vous êtes qui souhaite pouvoir être lui même.
Est-ce que vous avez pu progresser un peu dans leur réalisation concrète ? Est-ce que vous avez trouvé une association aidante est respectueuse ? Est-ce que vous souhaitez de l’aide pour la trouver ? si c’est le cas, il me faudra quelques informations pour savoir où je dois chercher. Afin de protéger votre anonymat, il serait mieux de me les faire parvenir par mail. Si vous souhaitez protéger votre anonymat même par rapport à moi, le mieux serait d’utiliser un compte de genre hotmail juste pour quelques échanges, puis de le détruire.
Bon courage ! Vous pouvez y arriver !
bonjour
je suis une jeune femme et depuis mon adolescence je souhaite devenir un homme. Depuis que je suis enfant je me sens homme et non femme, et je pense etre un homme dans le mauvais corps...cependant il n’est pas facile de trouver du soutien parmis mes proches (essentiellement amis, ma famille n’est pas au courant) d’autant que je suis lesbienne.. vous parlez dans un de vos articles de la préparation à la transition libre, mais, j’ai beau chercher sur internet, je ne trouve pas comment faire pour se procurer des hormones pour commencer la transition, je ne sais pas si on peut acheter sur le net, ni meme si c’est conseillé. je ne connais pas de médecin prêt à m’en prescrire, faut’il passer par l’étranger ? enfin bref, je me pose plein de question auxquelles je n’ai aucune réponse...pouvez voius m’aider ??? merci encore
Bonsoir et merci de votre témoignage
J’entends que vous vous sentez de plus en plus clairement un homme né dans le mauvais corps et que vous vous sentez de plus en plus attiré par une transition. Mais vous hésitez encore sur les moyens et sur la manière d’entreprendre cette dernière. Devoir faire face au regard des autres est également une chose qui vous fait question. Est-ce bien cela ?
Il arrive assez fréquemment que en cherchant leur identité, les personnes FtM commencent par se définir comme lesbiennes. Je ne sais bien sûr pas si c’est votre cas, mais nombre de personnes qui ont ce parcours se disent que si elles aiment les femmes, c’est qu’elles sont lesbiennes. C’est souvent le fait de vivre au sein de la communauté lesbienne qui leur fait sentir que quelque chose ne va pas. Et cela peut être compliqué de mettre des mots sur ce quelque chose. En gros, cela peut revenir à "oui, j’aime les femmes, mais moi je ne me situe pas en femme, contrairement aux lesbiennes". Une fois de plus, je ne sais pas si c’est votre cas et votre parcours de vie, mais c’est là que nombre de personnes FtM songent à une transition. Comment est-ce que vous perçevez votre propre parcours de vie ?
Tout cela pour vous dire que vous n’êtes pas seul dans une situation de ce genre, que d’autres y sont passé avant vous, que d’autres y passeront après vous. Je ne veux pas dire par là que ce parcous soit pavé comme une autoroute. Vous voyez bien les difficultés que vous avez à trouver de l’information pertinente. si elles commencent à mieux intégrer les transsexuelles lesbiennes, certaines communautés lesbiennes ont encore bien du mal avec les personnes FtM, qu’elles perçoivent parfois comme "trahissant la cause" (voir, par exemple ici ).
J’ai quelques difficultés à vous répondre de manière précise sur certains points dans la mesure où je ne sais pas où vous habitez. Mais je ne peux, bien sûr, que respecter votre souhait de garder l’anonymat. Ceci m’impose cependant de vous répondre parfois par des généralités.
Les associations de votre région vous permettront de savoir quelles sont les options à votre disposition pour un parcours "officiel". Elles pourront également vous renseigner sur le caractère plus ou moins respectueux de ces options.
Les personnes qui font une transition "discrète" le font la plupart du temps parce qu’elles ne trouvent pas de parcours officiel acceptable (c’est à dire suffisemment respectueux) pour elles. Il arrive aussi que certaines personnes considère qu’il s’agit de leur démarche et qu’elles ne voient pas pourquoi elles devraient dépendre d’une personne s’érigeant en censeur.
Cette approche implique plusieurs difficultés. La première est que la personne devra assumer tous les frais liés à sa transition. la seconde est qu’une telle transition comporte des risques particuliers. Une hormone comme la testostérone est une substance aux effets complexes et il faut bien comprendre ce que l’on fait et les risques associés à cette prise de substance. Elle a en particulier pour effet de fortement augmenter la libido et cela peut conduire des personnes à avoir des conduites à risques avec des conséquences potentielles importantes (par exemple le fait de devenir séropositif, ou celui d’attendre un enfant suite à des rapports non protégés et à une absence de contraception). Les injections ont la réputation de susciter de très fortes variations d’humeur entre le moment de la prise et l’attente de la prochaine dose. Les patchs n’ont pas ce problème. Il y a d’autres risques à moyen et long terme.
Les hormones sont normalement disponibles sur ordonnance seulement. Si vous ne trouvez pas d’endocrinologue spécialisé et respectueux dans votre région, il reste en effet, la solution des pharmacies on-line. Certaines pharmacies situées à l’étranger acceptent d’exporter ce genre de produit sans ordonnance. Mais il est évident que la question de la qualité des produits qu’elles exportent doit être vérifiée d’une manière ou d’une autre.
En bref, ce genre de transition n’est accessible qu’à des personnes qui en ont les moyens et qui ont la volonté d’accepter un certain nombre de risques potentiellement importants et la débrouillardise nécessaire pour trouver les bonnes sources, personnes, etc.
Par ailleurs, que vous fassiez votre transition de manière autonome ou pas, vous allez un jour ou l’autre vous affirmer en public et devoir faire face au regard des gens qui vous entourent. C’est un des points qui différencie une transition d’un coming out plus classique. A un moment les effets de votre transition vont se voir. Ils seront visibles 24H/24 dans tous les milieux que vous fréquentez. Et, là , il faudra être prêt à faire face au regard de l’autre, qu’il s’agisse d’un-e collègue, d’un-e parent-e, d’un-e proche, d’un-e ami-e, etc.
Voilà quelques pistes. Il me semble que vous avez pas mal de questions, qui vont au delà des modalités pratiques. Vous parlez du regard votre communauté lesbienne, de celui de vos proches. Il y a peut-être aussi une partenaire. Une transition est un chemin de transformation profond, qui boulverse son existence et celle de ses proches par effet de boomerang. Ca n’est pas simple. Si vous le souhaitez, je serais heureuse de vous aider à trouver la réponse à vous interrogations.
Bonsoir
Les pages jaunes de l’annuaire de Swisscom vous donneront son adresse et son numéro de téléphone. Son cabinet se trouve à Lausanne.