Ce témoignage me parait très précieux. Il nous rappelle non seulement ce que fut la vie des pionnières des années 50 qui vivaient dans un monde où le mot transsexualité n’avait pas encore franchi l’atlantique, où il n’y avait que des "travestis" et où tout restait à inventer.
Il nous rappelle aussi ce que fut la vie des transsexuelles des années 50 face à une hostilité féroce de la part des autorités politiques. Dans la deuxième partie, Bambi raconte un entretien qu’elle a eu avec le préfet de police de la ville de Paris durant lequel celui-ci lui a dit que "si il avait eu un enfant comme elle, il l’aurait tué de ses propres mains !". Ce fut une époque ou la haine s’affichait sans le moindre fard et où c’était une mission "sacrée" que de rendre la vie des personnes transsexuelles impossible.
Cela explique aussi bien l’acharnement des autorités à stigmatiser et à pathologiser par tous les moyens possibles et imaginables les personnes transsexuelles. A partir de là, des Lacan, des Collette Chiland et tous leurs complices ont eu les mains libres. En fin, de compte, ils étaient les exécuteurs d’une mission publique.
La mort de Gwen Aurojo, assassinée pour sa transsexualité n’est pas si ancienne que cela. Et il y en a eu bien d’autres depuis. Le témoignage de Bambi nous rappelle combien sont fortes les racines de cette haine qui a été institutionnalisée et qui l’est encore dans le monde des psychiatres et des psychanalystes.
Pour consulter le témoignage de Bambi
Ce même site propose, en complément, la lecture d’un article de bistouriouioui qui est effectivement très éclairant.