Nous vivons dans une culture qui est obsédée par la détermination du sexe des enfants. Il n’est pas rare que des parents fassent des échographies d’abord pour savoir si leur enfant sera un garçon ou une fille. La plupart du temps, ces derniers n’imaginent pas qu’ils puissent recevoir une autre réponse. Mais cela se produit. Un peu moins de deux pour cent des enfants qui naissent ont un corps qui ne correspond pas aux stéréotypes "fille" ou "garçon" que la société a défini [1]. On dit de ces enfants qu’ils sont intersexués. Avoir un corps qui ne correspond pas aux stéréotypes habituels n’est donc pas si rare que ça.
Etre intersexué signifie qu’on est né avec un corps qui ne correspond pas aux stéréotypes traditionnels en matière de sexe. Cette différence peut s’exprimer de bien des manières. Elle peut être purement génétique ou purement physique ou les deux. Elle peut être visible dès la naissance ou n’apparaître que plus tard. Parfois on ne s’en rend compte qu’à la puberté.
Il arrive, par exemple, que naissent des femmes qui ont des chromosomes "XY", habituellement associés aux hommes. L’inverse est également vrai. Certaines personnes naissent avec des chromosomes "XXY", "XXXY", "XXX", "XXX0", etc.
Ces différences génétiques peuvent être associées à des différences physiques. Par exemple, les femmes qui naissent avec des chromosomes XY n’ont pas d’utérus ni d’ovaires. Elles n’ont pas de règles. Par contre, elles ont des testicules. Elles ne peuvent pas donner naissance à un enfant. Les hommes XX sont également stériles.
Certaines différences physiques sont visibles à la naissance. Il arrive, par exemple, qu’une petite fille naisse avec un clitoris plus grand que d’habitude. Il arrive aussi qu’un petit garçon naisse avec un pénis plus petit que d’habitude. Il arrive aussi que les lèvres se soient refermées en un scrotum ou au contraire, que le scrotum que les médecins attendaient ne se soit pas formé. Les possibilités de variations sont très nombreuses.
A la naissance, les médecins s’assurent que l’enfant est "normal". C’est une telle obsession pour eux, qu’ils ont, par exemple, une mesure de ce qui est un phallus ou un clitoris acceptable. Quand ils détectent un enfant qui ne correspond pas aux normes traditionnelles en matière de sexe, nombre d’entre eux considèrent qu’il est de leur devoir de corriger chirurgicalement le corps de l’enfant selon ce qui leur semble le plus pratique afin, littéralement, de le normaliser. Et ils en font une urgence. La plupart du temps, ils ne donnent qu’une information très partielle aux parents qui doivent consentir à ces traitements. Il arrive aussi qu’ils leur mentent carrément, ne disant pas du tout ce q’ils entendent faire et affirmant que la santé de leur enfant est gravement en danger, ce qui n’est presque jamais le cas. Mais, dans la plupart des cas, les parents finissent par accéder aux demandes des médecins.
Il est fréquent que ces opérations que ces derniers pratiquent ne soient pas si réussies que ça, et qu’il faille plusieurs opérations ultiérieures pour compenser les effets de complications postopératoires. D’autre part, la cicatrisation est loin d’être toujours bonne et nombre de ces interventions laissent des marques intimes pour toute la vie.
L’enfant, lui-même, n’est pas pris en compte. Par exemple, les médecins trouvent tout à fait normal de juger du caractère surdimensionné ou non d’un clitoris. Et s’ils l’estiment trop grand, ils trouvent tout à fait normal de le raboter, voire de le supprimer complètement. Une fois devenu adulte, l’enfant qui a subi une telle intervention, verra ses possibilités de plaisir sexuel fortement réduite quand elles ne sont pas complètement détruites. Un tel acte qui se passerait dans la rue serait jugé comme une excision et traité en acte criminel. Néanmoins, nombre de médecins considèrent comme tout à fait normal d’agir de la sorte.
L’identité de l’enfant, le fait que ce dernier se situe en homme, en femme ou encore comme personne intersexuée n’est jamais prise en compte. Cela impliquerait d’attendre toutes les années nécessaires pour que l’enfant puisse se prononcer. Mais les médecins ne supportent pas une telle idée.
Pour finir, ces opérations sont toujours faites dans le but de "fabriquer" des personnes qui puissent satisfaire un partenaire dans une relation hétérosexuelle. L’obsession de l’hétérosexualité est telle que certains médecins ont osé écrire "au moins nous épargnons aux parents l’épreuve d’un enfant homosexuel" [2].
Les opérations, tout comme la différence de l’enfant, sont scellées sous le sceau du secret. On ordonne aux parents de faire comme si rien ne s’était passé. Les autres médecins se taisent. Si ça ne marche pas, les parents sont priés d’inventer une histoire de couverture. On a, par exemple, fait croire à une personne durant toute son enfance qu’elle avait eu une hépatite, ce qui justifiait ses fréquentes visites à l’hôpital. Le plus souvent, c’est un médecin un peu plus respectueux et plus éthique que les autres qui brise le secret et qui révèle la vérité à la personne devenue adulte, qui se retrouve alors seule pour intégrer la vérité.
Faire face durant toute son enfance et son adolescence à la conspiration du secret, voir ses propre parents tout faire pour cacher la vérité alors que l’on sent bien qu’il y a quelque chose, se faire sans cesse examiner par des médecins qui n’hésitent pas à vous exhiber devant des étudiants et des assistants sans le moindre respect pour votre pudeur et pour votre intimité est une expérience extrêmement douloureuse. Alors même que tous ces traitements sont effectués sous prétexte d’épargner aux enfants le traumatisme de devoir grandir avec un corps hors normes, les enfants qui subissent ce traitement reçoivent le message qu’ils sont fondamentalement dysfonctionnels, tarés, en fait qu’ils sont une pathologie. La plupart des enfants en sortent avec une image terriblement noire d’eux-mêmes et ils sont nombreux à être dépressifs, voire suicidaires.
D’autre part, ça n’est pas parce que les médecins ont opéré un enfant à la naissance pour en faire une fille, par exemple, que cette personne aura une identité sexuelle de fille. Les parents auront beau tout faire, y compris le recours à la force, pour imposer cette identité à leur enfant, si ce dernier n’a pas une identité de fille, rien n’y fera. Or il est très fréquent que les enfants opérés de la sorte aient une identité sexuelle qui ne correspond pas du tout au sexe qui leur est imposé par la chirurgie [3].
De plus, nombre de personnes intersexuées ne se situent ni comme homme ni comme femme, mais comme les deux, ou comme hermaphrodite, ou comme androgyne, ou comme "pas homme", ou comme "pas femme", c’est à dire totalement en dehors de la règle traditionnelle "les filles d’un côté et les garçons de l’autre".
Comme, d’autre part, il est fréquent que des personnes intersexuées s’engagent dans des relations qui, de l’extérieur, seront qualifiées d’homosexuelles, il est clair qu’elles sont à mille kilomètres du rôle qu’on veut leur faire jouer. Et en plus de se voir considérées comme fondamentalement dysfonctionnelles par leur entourage elles voient leur identité niée avec tout autant de force et de détermination que celle des personnes transsexuelles et intersexuées.
Pour finir, quand les personnes intersexuées apprennent la vérité sur leur identité, elles comprennent qu’elles ont été manipulées, utilisées et sacrifiées durant toute leur vie aux intérêts d’autrui. Et les premiers qui les ont sacrifiées sont leurs propres parents ! Il y a peu de familles qui survivent à cette révélation.
Pour les personnes intersexuées, faire leur coming-out nécessite de "reconstituer" leur identité. Elles doivent intégrer qu’elles sont nées avec un corps hors standards. Elles doivent intégrer que ce n’est ni une maladie, ni une tare, ni une difformité, mais une simple variation naturelle et qu’elles ont le droit de se sentir bien dans leur corps même s’il est très différent des standards habituels. Elles doivent vivre avec les séquelles de toutes les maltraitances, organisées et systématiques qu’elles ont subies pendant des décennies. Elles doivent donner un sens à leur différence qu’elles découvrent. Il leur faudra encore reconstruire un réseau de relations affectives constitué de personnes en qui elles puissent vraiment avoir confiance. Il sera, entre autres, essentiel pour elles d’arriver à construire une image positive d’elles-mêmes qui leur permette d’accueillir leur différence comme la richesse qu’elle constitue. Elles doivent encore redécouvrir progressivement qui elles sont, cesser de jouer le rôle pour lequel elles ont trop souvent été dressées et, dans le quotidien de leur vie, affirmer leur vraie identité à la face du monde, aussi différente et inhabituelle soit-elle.
Alors qu’elles représentent un peu moins de deux pour cent de la population, ce qui n’est pas rien, nombre de personnes intersexuées se sont crues seules au monde dans leur situation. Internet a profondément changé cela, et elles commencent à s’organiser, à se soutenir mutuellement et à défendre leurs droits, par exemple au travers d’une organisation comme l’Organisation Internationale des Intersexués (OII [4]). Le fait que nombre d’entre elles vivent dans des relations homosexuelles fait que les personnes intersexuées prennent aussi leur place dans la communauté LGBTI.
Si vous êtes vous-même intersexué-e-s, ou que vous le soupçonnez, vous êtes en droit d’exiger la vérité de vos parents et de vos médecins. Vous êtes aussi en droit d’exiger d’être pris en charge d’une manière respectueuse, qui ne fasse pas une pathologie de votre spécificité, qui soit respectueuse de votre identité et de votre orientation sexuelle. Face à des personnes ou à des traitements non respectueux, vous êtes également en droit de refuser et de refuser de vous laisser entrainer de force dans une prise en charge qui ne vous correspond pas.
[1] http://bms.brown.edu/faculty/f/afs/dimorphic.pdf
[2] Anne Fausto-Sterling Sexing the Body : Gender Politics and the Construction of Sexuality New York : Basic Books, 2000
[3] http://www.pfc.org.uk/cgi/printit.pl ?/news/1998/johnjoan.htm
bonjour
Je m’apelle Mael, c’est du moins le prénom que j’ai choisi,meme s’il n’est pas officiel...J’ai 25 ans, et après des années d’errements je suis finalement arrivé a la conclusion que je suis intersexué/hermaphrodite, mais personne ne veut l’accepter. il y a presque un an j’ai pris mon courage a deux mains et ai parlé a mes parents en leur expliquant ce qu’a l époque je pensais etre la réponse a mon genre, je leur ai dit etre ftm. Ils ont rejeté tout ce que j’ai dit, mon pere surtout.Ma mere est au courant depuis longtemps que je ne suis pas "une fille comme les autres". Puis j’ai découvert une association d’intersexués et au fil des discussions je me suis rendu compte que c’était moi, que je n ’etais pas ftm mais bien intersexué. Mais je n’ose plus en parler a mon pere après son premier rejet. Je ne sais plus quoi faire, je travaille avec lui et il me rabaisse sans cesse au rang de fille ce qu’il ne faisait jamais avant que je leur parle de mon genre "hors normes"..qui n ’a rien d anormal pour moi, et je n ai jamais compris ou était le problème d ’etre "différent". J’ai expliqué qui j’étais a mes amis, dit mon changement de prénom a mes connaissances au travail, mais peu sont ceux qui respectent cela. Et je ne peux pas non plus dire a n’importe qui que je suis intersexué , c est ma vie privée et on peut tomber sur des personnes bornées ou moqueuses, dont je préfere éviter cela. Je ne sais plus quoi faire...Ma mere dit qu ’elle a l ’impression de ne plus etre ma mère... Je ne suppporte plus toutes ces frustrations, comme bcp d’autres peut etre, je tombe peu a peu dans l ’alcool, c’est quelque part tout ce qui me reste face au reet de tous, mais je ne veux pas me détruire, je veux vivre ! VIVRE maintenant que je sais qui je suis, je me sens tellement mieux, comme tous je veux vivre, mais il faut pour cela qu’on arrete de me rejeter... Merci encore pour votre site
Serait il possible que ma mere puisse vs écrire, pour discuter un peu ? Elle essaye de m’accepter, mais c est tres difficile... C est comme si elle ne croyait pas ce que je dis, alors que mon corps parle pour lui meme depuis une dizaine d ’années. Je ne suis PAS une fille. Je porte un binder, ma pilosité est masculine, j’ai un micro pénis/clitoris sur-dimensionné, je suis d apparence androgyne, et je suis tres fier d etre ainsi, curieusement, etre ainsi a toujours été mon reve, depuis tout petit, alors que je ne savais pas que j’etait "different" à cet age là.
Merci de m’avoir lu.
Bonjour Mael et merci de votre correspondance très touchante.
Si je vous comprends bien, vous êtes bien au clair avec votre corps et ses spécificités ainsi que votre identité et vous vous savez intersexe. Votre problème est le déni de vos parents qui refusent d’entendre ce que vous dites sur les deux sujets. Est-ce bien cela ? Toujours si je vous ai bien compris, ce refus vous fait particulièrement mal. Vous avez aussi essayé de vous tourner vers d’autres personnes, mais vous n’avez pas reçu l’accueil que vous attendiez. Cette situation est si douloureuse et vous vous sentez si désespéré que, progressivement vous vous sentez tomber dans l’acool. Pourtant, vous voulez vivre, mais vous ne vous en sentez pas le droit tant que vous n’êtes pas accepté tel que vous êtes par les autres. A ce sujet, vous souhaitez savoir si votre mère pourrait correspondre avec moi. Est-ce bien cela ?
La première chose qui me vient en vous lisant est que votre forme de différence physique est bien connue et documentée. Le hic est, bien sûr que la plupart des descriptions que l’on trouve sont des descriptions d’ordre médical et elles sont rédigées sous une forme pathologisante et stigmatisante, ce qui peut constituer un grand problème, en particulier pour communiquer votre différence aux autres.
La deuxième chose qui me vient, est que, si véritablement vous le souhaitiez, un test génétique pourrait "officialiser" votre différence avec le sceau de la médecine. Mais il n’est pas sûr que cela suffise à déboucher les oreilles de personnes qui ne veulent pas entendre et ce sceau aurait l’aura stigmatisante et pathologisante d’un diagnostic alors que vous êtes simplement différent, qui plus est heureux et fier de l’être. Je ne sais pas si l’OII a des documents plus corrects sur ce sujet, mais je n’en suis pas sûre. Cela fait un long moment que je ne suis pas allée fouiller la bibliothèque.
Une chose me frappe et, à dire vrai, me choque tout particulièrement dans ce que vous me partagez. Vous dites que votre père vous "rabaisse sans cesse au rang de fille". Que voulez-vous dire concrètement ? Cela signifierait-il que votre père a adopté des comportements sexistes à votre égard ? Comment se fait-il qu’un chef d’entreprise se comporte de la sorte ? Les syndicats sont-ils au courant ? Mais aussi, pourquoi travaillez-vous avec lui ? Ne tireriez-vous pas profit à voler de vos propres ailes ?
Votre mère a vu votre différence depuis votre naissance. Pourtant, des décennies plus tard, elle est dans le déni de ce qu’elle sait depuis toujours. Visiblement, votre père est dans un déni encore plus fort. J’entends et je comprends combien cela vous fait mal. En fin de compte, ils sont dans le déni de qui vous êtes vraiment depuis toujours, non ? Comment est-ce que vous vivez cela ?
Il y a un point commun à tous les coming outs : ce sont des actes d’affirmation de soi à la face du monde. Ils ne peuvent réussir que si la personne affirme clairement qui elle est en disant aux autres "je ne vous donne pas le droit de m’influencer. Voici qui je suis, que ca vous plaise ou non et qui m’aime me suive !". C’est un acte qui témoigne d’une très grande force. Cela pourrait vous être utile que de vous faire aider pour y arriver. Même s’il traite d’une thématique différente, il y a un petit ouvrage d’origine cognitivo-comportementale qui pourrait vous être utile si vous arrivez à le transposer à votre propre dynamique de vie. Il a pour titre "bien vivre son homosexualité et réussir son coming out". en le suggérant, je ne veux pas vous dire que je vous considère comme homosexuel. Je veux juste dire que la démarche qu’il propose peut-être utile à d’autres types de coming out, ce que l’auteure a d’ailleurs bien compris.
C’est, bien sûr très volontiers que je correspondrais avec votre mère. Mais qu’attendez-vous de cela ? Je pourrais certainement l’informer, lui donner des liens si un lien de confiance s’instaure, il est possible qu’elle puisse progressivement mieux intégrer ce que vous lui avez souligné. J’aimerais cependant insister qu’une clef essentielle est votre propre affirmation, votre propre confiance en vous et votre propre sécurité intérieure. Si cela est nécessaire, vous pourriez tirer profit à vous faire aider pour vous renforcer dans ce domaine.
N’hésitez surtout pas à continuer cette correspondance et à me contacter si vous en éprouvez le besoin et que vous le souhaitez.
Bonjour,
Merci de votre réponse. J’étais un peu ému en écrivant le premier message et n’ai peut etre pas employé les meilleurs mots pour décrire ma situation.
A propos de mon corps, ma poitrine est très peu dévellopée, j’ajoute que je suis stérile et qu’a 16 ans un médecin m ’a dit de prendre des hormones féminines, ce que j’ai refusé. C’est la derniere fois que j’ai vu ce docteur,qui au vu de mes souvenirs a du soupçonner mon intersexualité mais ne m’en a pas parlé. Je n’avais meme pas connaissance que les intersexué/es existaient mais prendre des hormones me semblaient totalement anormal, c’était une atteinte a mon integrité.
Concernant l’OII, j’ai eu l’occasion de parler avec Mr Curtis, qui m’a encouragé a garder contact avec lui mais je n ’ai pas pu le joindre pour l’instant.
Quand à l’expression " mon père me rabaisse sans cesse au rang de fille",je dois m’expliquer plus clairement :
Une première chose est que je me sens insulté dès qu’on me parle au féminin, bien qu’il ne soit pas question d insultes a proprement parler.
Deuxiemement, depuis des années mon père me parlait souvent au masculin, c’était comme ça, il ne s’en rendait meme pas compte, et bien que je deteste le terme " garçon manqué" je dois dire que je l ’étais. Je parle de moi au masculin. Depuis cette discussion avec mes parents, chaque fois que je parle ,il me corrige en rajoutant les terminaisons féminines, et il prend bien soin d accentuer sur tout ça chaque fois qu’il me parle, alors que quand nous sommes en public, les 3/4 des gens me prennent pour un garçon...
Puis,il a toute sorte de choses a dire pour se persuader que je suis une fille, pas autre chose, du genre qu’un garçon c est plus costaud que moi ( alors que je suis assez musclé), que mes mains ne sont pas masculines ( alors qu’elles le sont) et ainsi de suite...
Il m’a dit que j’étais la honte de la famille a cause de mon choix de vie, comme si j’avais choisi de "peter les plombs " et d’agir n’importe comment pour le plaisir d’une vie compliquée ! ...
Je travaille dans l’entreprise familiale parce que ,m’étant toujours senti différent je n’ai pas eu le courage d’aller en université ni de croire en mes capacités, et que vivant dans une region ou il y a peu de travail, c’était une solution d’attente ...qui s’est étendu sur plusieures années.
Quand à ma mère, c’est plus tard qu’elle a eu des doutes sur mon identité, avant que j’entre dans l ’adolescence. Elle m ’a souvent dit qu’elle ne savais pas qui j’étais. Je refusais absolument tout ce qui avait trait au comportement féminin, et ai vu avec terreur mon corps changer peu a peu lors de la puberté (heureusement peu), elle a passé par des moments tres difficiles car nous n’avions pas de connaissances adéquates pour expliquer mon comportement "anormal" d’adolescent....e.
Sinon, j’ai quitté la foyer familial jeune, j’avais 19 ans, cela fait 6 ans que je m’assume.
Quand a mon coming out en tant que gay, je n’ai jamais compris ce qu ’il y avait d’anormal aux yeux de certains a etre homosexuel et je n’ai pas cherché a le cacher. Je ne suis pas quelqu’un de craintif, et je n’arrive pas a faire semblant. Mais il m’a fallu bcp de courage pour discuter avec mes parents , meme si je me suis trompé de sujet en fin de compte je pense, parce qu ’il n y a eu que tres peu de dialogues dans ma famille qd j’étais enfant.
Ma mere n’arrive pas a s’y faire, alors qu’elle en a eu l’intuition depuis des années...Avant qu’ils ne partent en vacances cet été, elle m ’a dit " je t’aime bcp et je t’aimerai tjrs, mais c’est comme si je ne suis plus ta mère".... Meme si j’ai peut etre mal compris ce qu’elle voulait dire, la phrase en elle meme a été tres blessante...
Merci de m’avoir lu.
Bonjour Mael et merci de votre réponse.
J’entends que, depuis que vous vous exprimez clairement au sujet de votre identité, votre pére est entré dans un rapport de forces avec vous, corrige systématiquement vos propos pour les mettres au féminin et vous désigne systématiquement au féminin dans ses propres propos. J’entends et je comprends que vous sentez défiguré par ce comportement et que cela vous fait très mal. Quelles que soient ses motivations, c’est un fait qu’il est dans le déni de qui vous êtes et qu’il est entré dans un rapport de forces et qu’il essaie de vous culpabiliser (en vous accusant d’être la honte de la famille) pour tenter de vous imposer son point de vue.
Si ma mémoire est bonne, une différence comme la vôtre est visible dès la naissance. Dans de nombreux cas, les médecins font d’ailleurs tout pour l’éradiquer dès ce moment là. Vous avez échappé à ce genre de maltraitance (et de mutilation), mais votre mère est restée dans le déni le plus total de ce qu’elle ne pouvait que voir durant toute votre enfance. Au moment de votre adolescence, ce déni est devenu de plus en plus plus difficile, d’où un très grand malaise de sa part. Elle non plus ne peut pas admettre votre différence comme étant uniquement une différence et une forme moins fréquente de la condition humaine. Elle se sent forcée de la taxer "d’anormalité". Je ne peux que comprendre que vous soyez très blessé quand votre mère ajoute qu’elle a l’impression de ne plus être votre mère.
J’entends que, pour vous, votre sentiment d’être différent vous a beaucoup entravé dans votre formation et dans vos recherches d’emploi. Si je puis me permettre, la difficulté vu la situation, est que vous importez sur votre place de travail un enjeu familial (la reconnaissance de votre différence) en plus de tous les enjeux professionnels. Cela peut faire une lourde charge pour n’importe qui et je comprends bien que ce soit très lourd à porter pour vous. Si je peux vous faire une suggestion, il me semble que de séparer ces deux enjeux, en travaillant ailleurs, contribuerait à alléger cette charge. Je comprends bien que c’est une perspective difficile à affronter pour vous. Dans le court terme, les approches cognitivo-comportementales peuvent fortement vous aider à faire les démarche nécessaires pour trouver un autre travail et à élargir votre cercle d’amis afin de beaucoup moins dépendre affectivement de vos parents. Cela devrait contribuer à rendre la relation avec eux nettement plus vivable pour vous. Il est aussi possible (mais pas garanti) que ceux-ci intègrent qu’ils n’ont pas de pouvoir sur vous et ’il leur soit plus facile de vous accepter tel que vous êtes. Par ailleurs, un tel travail peut très bien se faire en parallèle avec un travail de fond qui vous permette de faire l’expérience de votre valeur et de gagner en sécurité intérieure et en assurance.
Il n’y a, en effet, rien d’anormal à être homosexuel. c’est une forme de la condition humaine, voilà tout. Il se trouve que vos parents vivent dans un univers qui est très restreint dans ce domaine et qu’ils ont beaucoup de peine à vous accepter tel que vous êtes. Mais c’est bien leur problème et pas le vôtre. Dans cette situation, ils doivent faire le deuil de leur univers, de leur vision de la vie et de toutes les attentes qu’ils ont probablement eu sur vous. Nombre de personnes se sentent personnellement et profondément remises en cause quand elles doivent faire le deuil de tout ou partie leur vision de la vie. Nombre de parents y arrivent, mais cela n’est pas garanti et je ne sais pas ce qu’il en sera pour les vôtres. Par ailleurs, cela ne justifie pas et n’excuse pas ce qu’ils vous font subir.
J’espère que mon écoute, ce feedback et ces quelques suggestions vous seront utiles.
Meilleures salutations
Bonjour,
Je vous avais écrit il y a quelques mois et je vous remercie de vos réponses. Mes parents sont rentrés de vacances il y a peu, et j ai eu l’occasion de discuter un peu avec ma mère.
A ma grande surprise, elle m’a dit avoir expliqué qui j’étais et que je vivais à présent en garçon à ses deux meilleures amies ainsi qu’à quelques personnes m’ayant connu enfant (et avec qui j’aurai à interagir prochainement). Elle m’a dit qu’elle avait juste besoin de temps pour pouvoir s’adapter, mais enfin,elle a déja fait un pas très positif ,ça m’a rendu espoir.
Mais, le fait est, qu’elle est toujours confuse sur ma condition d’intersexué.
ESt ce que je vous demandais il y a quelques mois, à savoir une correspondance avec elle, serait toujours possible ?
Pour clarifier les choses à son niveau, car il semble que malgré mes explications, rien n’y fasse vraiment.Meme si elle respecte mon choix désormais, j’ai l’impression qu’elle croit que ce n’est qu’un choix de vie.
(Certes, on peut dire que c est un choix de vie, mais c’est plus que cela. C est se dévoiler au monde et ne pas vivre dans le mensonge.)
Merci de votre réponse.
Bonjour Mael,
Je me nomme Gaell, je suis également intersexu. à la naissance je ressemble à presque tous les points à une fille sauf en plus masculine...dans plusieurs trait physique. Mon médecin de famille devait se douter de quelque chose car lorsqu’il agissait comme s’addressant à une fille elle me scrutait du regard. Je me sentais depuis mon jeune âge autant révolté/e lorsque lorsqu’on s’addressait à moi que l’on me prene pour une fille ou pour un garçon...pour te dire que je l’ai ressenti/e depuis toujours que je ne cadrait pas dans la norme pré-établie...J’ai par contre été seulement apte à mettre le nom dessus...Comme on se ressemble j’ai également été pris/e pour une FTM pendant un certain temps environ 1 1/2 environ pour me rendre compte que ne n’était vraiment pas mon identé non plus...Un indice de taille est lorsque j’ai demandé à passé un test génétique car je voulais l’utiliser comme raison médicale pour changer mon nom (ainsi donne un indice au gens dans mon nom sur une partie de qui je suis). L’establishement médical semblait ravi de me faire passer ce test ils m’ont même proposé un test écris de 500 questions visant à prouver que j’étais dans un des sexe reconnu...Pour ce qui est du résultat génétique je n’ai pas été capable d’avoir les résultats d’être eux le test n’était pas "assez clair" mais dans le regard de mon médecin de famille, comme ce médecin était très intègre, je pouvais que le text révèlais que je suis intersexué, mais si pour le test de 500 questions l’establishement me l’on fait repassé orallement cet fois ci...Après quelques semaines le médecin psychiatre m’a avoué qu’ils m’ont fait passé le test 2 fois car la première fois le résultat avait conclu homme avec forte tendance femme...ils ont cru que j’avais truqué/e le test...,es ils ont été estomacqué lorsque plusieurs semaines plutard lors d’une journée que j’était fatigué/e ils m’ont repassé le test...le résultat est sorti...Femme avec forte tendance homme...Naturellement ! Cela ils ne l’ont pas criés sur les toîts...sauf après quelques années de PAPERASSEs j’ai pu changer mon prénom...Il faut dire que j’ai eu une mort clinique sur la table d’opération pour d’après eux une simple observation intérieure pour vraiment déchiffrer comment j’ai de façon interne car l’échographie ne pouvait être clair sur mes organes interne...
Bon tout çà est peut-être instructif sur des partielles de ma vie...Mais je vais droit au but, il te faut te détacher de ce que le gens passe de toi...Je suis ouvert/e à discuter avec toi par écris ou verbalement si tu le désir car il est primordial que tu puisse parler avec des gens qui ont des similarité avec toi...mais surtout avec des gens qui ont su faire revenir l’harmonie dans leur vie malgré les défis qu’elle rprésente pour nous...Je peux te dire franchement que j’ai fait la paix avec moi-même et avec les gens et la société en générale car s’est leur ignorance qui fait qu’elle agis de cette façon ...la plupard ne se sens pas bien dans leur propre peau de toute façon...À la prochaine ! Souhaitant si tu le désire garder le contacte. Je souhaite que se message soit un baume sur ton corps, ton coeur, ton âme et ton esprit.
Gaell
Lévis, Québec, Canada
Bonjour Gaell et merci beaucoup de votre message.
J’entends que vous avez un un parcours de vie qui n’a pas été facile, pour employer un euphemisme. J’entends aussi que vous avez réussi à trouver une certaine sérénité et à être en paix avec vous-même et cela m’impressionne. J’espère que d’autres personnes intersexes oseront vous contacter et que vous pourrez les accompagner sur leur propre chemin.
Bonsoir et merci de votre message,
En effet, c’est très difficile de naître dans un environnement familial qui nie votre vrai visage et votre identité. Ce qu’il faudrait, à mes yeux, ce sont des familles informées, accueillantes et respectueuses qui sont capables d’accueillir tous leurs enfants, quelles que soient leurs différences. Pour ma part, je suis persuadée qu’un enfant qui serait accueilli comme une richesse jusque et y compris dans ses différences n’aurait pas vraiment besoin de suivi psychologique. Mais c’est un fait que, quand cet accueil est refusé, quant des enfants reçoivent continuellement le message qu’ils sont dysfonctionnels, il est de fortes chances pour qu’ils aient besoin de se faire aider.
Bonjour et merci beaucoup pour ce témoignage particulièrement touchant
Quand un enfant vient au monde, les parents se projettent dans son avenir et fondent de nombreux espoirs sur ce dernier. Si ce dernier prend un chemin différent de celui escompté cela peut être source d’une grande détresse pour les parents. Cette détresse est d’autant plus grande que les parents pas été préparés à cela.
Vous me corrigerez si je me trompe, mais, dans votre texte, j’entends que la différence de votre enfant n’est pas simple à intégrer. Néanmoins, vous vous efforcez de l’accepter tel qu’il est et vous luttez de toutes vos forces pour lui permettre de grandir d’une manière qui respecte son identité. J’entends aussi que les psychologues sur lesquels vous êtes tombés ne sont pas particulièrement respectueux. Est-ce bien cela ? Et comment est-ce que ses professeur-e-s et ses camarades réagissent ?
La première chose que j’aimerais vous dire est que, si vous estimez que les psychologues sur lesquels vous êtes tombés ne sont pas respectueux, vous avez tout à fait le droit faire en sorte que votre enfant cesse de les fréquenter !
La deuxième chose, comme vous vivez au Canada, j’aimerais vous dire que vous n’êtes pas les seuls parents dans cette situation. Vous trouverez le témoignange d’une autre mère sur ce même site où elle a récemment publié deux articles (art1 et art2 ). Ces deux articles contiennent l’adresse de cette mère de famille et elle devrait pouvoir vous aider.
Une chose qui me parait fondamentale est la suivante : des psychologues vraiment respectueux devraient pouvoir vous aider à gérer la situation face au milieu scolaire. Ils doivent être en mesure de rencontrer les enseignants de votre enfant et de leur expliquer la situation. ls doivent aussi pouvoir répondre aux questions de ses camarades, s’ils en ont et s’ils osent les exprimer. Si l’école dans laquelle va votre enfant est vraiment trop fermée et obtuse, peut-être pouvez-vous songer à en changer.
J’espère que ces quelques éléments vous aideront dans votre quête. Surtout n’hésitez pas à me recontacter si vous en ressentez le besoin.