S’il existe très peu d’ouvrages de qualité qui traitent de transsexualité, il existe maintenant un certain nombre de sites web très riches, le plus souvent créés par les personnes transsexuelles elles-mêmes qui vous fourniront une information très complète sur cette condition. J’ai prévu un article "documents essentiels" pour regrouper toutes ces sources d’information. Le présent article a juste pour but de vous présenter le sujet afin de faciliter vos explorations ultérieures.
On désigne sous le nom de "transsexuel-les" les personnes dont l’expérience correspond aux critères suivants :
Cette condition ne doit pas être confondue avec celle des personnes transgenres, dont l’auto-identification est souvent beaucoup plus complexe et qui ne souhaitent surtout pas être opérée. Les personnes transgenres qui se sont vues "embarquées dans le mauvais wagon" et qui ont été opérées le regrettent le plus souvent.
Cette condition ne dont pas non plus être confondue avec celle des "travestis intensifs", homo ou hétérosexuels dont l’identité de genre n’est pas du tout en conflit avec leur corps. Ces personnes sont encore dans une autre dynamique et l’intervention qui est vitale pour les personnes transsexuelles leur est le plus souvent nocive.
En matière de dénomination, on parle d’une transsexuelle pour désigner une personne qui s’identifie comme une femme et d’un transsexuel pour désigner une personne qui s’identifie comme un homme.
Contrairement à une idée trop répandue, le fait de s’identifier clairement comme un homme ou une femme ne signifie pas du tout que les personnes transsexuelles adhèrent aveuglément au système binaire des genres créé par le patriarcat.
Bien que la majorité d’entre elles soit hétérosexuelle, il y la même variation d’orientations sexuelles parmi les personnes transsexuelles que parmi le reste de la population. Il existe donc des femmes transsexuelles lesbiennes et des hommes transsexuels gays.
Il semble qu’environ 1 personne sur 2500 recoure à une opération de réattribution de sexe, et que la répartition entre transsexuelles et transsexuels soit équilibrée. L’estimation de la proportion des personnes non prises en charge est délicate. D’aucun estiment qu’elles sont de 5 à 10 fois plus nombreuses [1].
Contrairement aux préjugés populaires, les personnes transsexuelles ne sont pas condamnées à se suicider ni à vivre une vie de prostitué-e. Aujourd’hui, elles occupent toutes les places de la société comme on le constatera en examinant quelques pages de témoignages [2]. Un très grand nombre de personnes ont réussi leur transition et ont fait en sorte de se fondre dans la société. Il ne faut donc surtout pas prendre pour argent comptant les quelques cas que les médias, ou des experts auto-proclamés et transphobes mettent en exergue.
En ce qui concerne la cause de la différence des personnes transsexuelles, la controverse fait, bien sûr rage. Pendant des décennies, un certain nombre de psychiatres, de behavioristes et de psychanalystes viscéralement homophobes et transphobes ont tout fait pour stigmatiser les personnes transsexuelles, pour en faire des malades, pour leur dénier tout traitement, voire pour les enfermer de force. Dans nombre de pays, la lutte est loin d’être terminée. Aujourd’hui, les personnes transsexuelles s’organisent, elles ne se laissent plus faire, elles organisent des filières parallèles, elles répliquent aux attaques qui leurs sont portées et elles ont de plus en plus d’arguments scientifiques pour soutenir leur lutte. Après avoir démontré le caractère erroné (et, en fait les falsifications) des thèses selon laquelle l’identité de genre était fixée par l’éducation [3], les travaux récents des neuroscientifiques apportent un soutien de plus en plus solide à la thèse selon laquelle l’identité de genre est innée (cf. Par exemple, [4]).
Références :
[1] Prévalence :
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/TSprevalence.html
[2] Témoignages :
De femmes :
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TSsuccesses/TSsuccesses-French.html
D’hommes :
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TSsuccesses/TransMen-French.html
[3] L’identité de genre n’est pas la résultante de l’éducation :
http://www.hawaii.edu/PCSS/online_artcls/intersex/mdfnl.html
[4] L’identité de genre est innée :
http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf ?file=/nature/journal/v427/n6973/full/427390a_fs.html, http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/HopkinsStudy.html)