Voici comment me joindre :
Par courrier électronique : marieno <à destination de> vrais-visages.net
Pour utiliser ces adresses, il vous faut remplacer l’expression " <à destination de>" par le symbole "a commercial" (i.e. : @). Il ne figure pas directement dans les adresses ci-dessus afin de ne pas faciliter le travail des robots qui collectent des adresses à des fins de spamming. C’est pour cette même raison qu’il n’est pas possible de juste cliquer dessus pour m’envoyer un mail.
Par souci de préserver la sphère privée d’une relation d’aide je n’utilise aucune messagerie instantanée commerciale du type MSN. Je n’ai pas de compte sur ces messageries et je n’y suis pas visible.
Je sais pas si c’est la terre qui tourne à l’envers ou bien si c’est moi qui me fais du cinéma . Non non, rassurez-vous, je vais pas chanter ... mais ça résume bien le fond de ma pensée . Peut-être que vous avez déjà vu des gens comme moi ? Si c’est le cas, ce serait sympa de nous mettre en relation histoire que moi au moins j’aie la preuve que je perds pas la boule . Après, le faire admettre à ma famille, avec qui je vis, ça sera une autre histoire mais chaque chose en son temps pas vrai ?
Donc voilà, l’idée ça serait plus ou moins ça : je suis censé ( là je fais pas l’accord au masculin mais au neutre ) être une nana, or je ne trouve d’orgueil que dans ce qui ’’gâche’’ mon apparence féminine qui ’’si je faisais un peu d’efforts pourrait être si jolie’’, et je ne me sens jamais plus mal à l’aise que quand je me fatigue pour jouer le rôle en question ; il y a tout un tas de petits détails qui sont assez humiliants, voix, façon de marcher, poitrine etc mais ça on s’y habitue même si c’est de plus en plus désespérant de s’entendre dire ’’mademoiselle’’ même complètement ’’déguisée’’, comme ils disent . Cependant ma pilosité fait des siennes et depuis quelques semaines je refuse d’y remédier, ce qui fait que par certains côtés je ressemble de plus en plus à mon père ; manquerait que la barbe et ça arrive lentement mais sûrement . J’exagère, mais à peine, sans rire . Moi, ça me va tout à fait mais j’entends toute la journée que c’est horrible et que personne ne peut supporter de me voir comme ça . Bon, jusque-là, normal, je suppose . Aucune aide pour sortir de l’androgynie, normal que les gens de la campagne tiquent un peu, je veux dire .
C’est là que ça devient complètement le bordel dans ma tête : j’ai été une fois avec un mec et j’ai fait des crises d’angoisse la première fois qu’on a été censés coucher ensemble . Je ne supporte pas la façon dont il me voit . Pourtant ils me plaisent, lui je l’aime, je pense que je pourrais tout à fait tomber amoureux ( <- neutre ) d’un mec ... mais qu’il tombe amoureux d’une fille censée être moi, ça me hérisse au plus haut point . C’est comme un vol, et en même temps une condamnation, mais pas de la voleuse, de moi, la victime du vol . Donc en somme je serais quelque chose comme une fille qui aime les mecs gays . Bon courage bien sûr .
En attendant que ça tourne à un truc qui me convienne mieux, je joue un jeu bizarre de faux lesbianisme larvé par provocation, sachant que là où je vis c’est quasiment le régime monastique, en plus sulfureux . J’ajoute que naturellement je suis tout ce qu’il y a de plus incapable de parler de tout ça à qui que ce soit, et que je réfléchis sérieusement à couper les ponts avec tous les gens que je connais pour m’occuper sérieusement de cette histoire sans briser la vie de personne ; la mienne à la rigueur, mais j’ai tellement de mal à me dire que je suis moi, au fond je m’en fous légérement .
Voilà voilà voilà . Si éventuellement vous connaîtriez du monde dans ma branche, ça serait sympa tout plein, sinon faut aussi me le dire, après tout la majorité aurait raison ( et dans les deux cas je finis en psychanalyse, alors ... ) Merciii ( ah oui et j’ajoute que je passe la semaine prochaine vers Chamonix, mais avec la famille, comme d’hab, donc ... c’est juste pour dire ^^ )
Bonjour et merci de votre message. En vous lisant, je pressens qu’il vous a été très difficile de trouver un accueil respectueux et qu’il vous a fallu rassembler beaucoup d’énergie pour le rédiger.
Si je vous comprends bien, vous vivez quelque part en France, dans un milieu plutôt rural, peu ouvert et vous êtes encore très jeune car vous vivez encore avec votre famille. Toujours si je comprends bien, cette dernière ressent très mal votre différence et fait de cette dernière une déficience et elle exerce de fortes pressions pour vous ramener dans ce qu’elle considère comme la "normalité" ou "le droit chemin". A aucun moment elle ne s’interroge sur qui vous êtes vraiment et elle ne se demande pas si elle ferait mieux de vous accueillir tel que vous êtes. Ceci se traduit par des affirmations selon lesquelles vous "gâcheriez" votre apparence et vous ne feriez "aucun effort pour être jolie".
De vôtre côté, vous sentez votre différence et vous l’acceptez. Vous utilisez le terme "androgyne" pour la nommer. Est-ce que vous sentez clairement ses contours ou est-ce que cela vous est encore difficile ? Avec la pression familiale que vous subissez et avec le peu d’espace que vous avez pour vous explorer librement, cela pourrait s’expliquer.
Vous vous demandez aussi s’il ne serait pas bon de prendre du recul avec vos proches pour faire le clair en vous. Mais il me semble que vous hésitez encore, en tout cas vous n’avez pas encore fait le pas. Comment est-ce que vous vous sentez avec cette perspective ?
Les personnes dont la différence est complètement niée par leur entourage ont souvent des difficultés pour explorer cette dernière et pour se définir. Pour vous, ce ne sont pas nécessairement les mots qui manquent , mais l’espace pour les tester et les trouver.
Je ne sais pas quel vocabulaire vous utilisez pour vous définir, mais certains diraient qu’il se pourrait bien que vous vous trouviez quelque part dans la mouvance "FtM" (acronyme anglais signifiant "Female to Male"). Comment est-ce que vous vous sentez avec cette phrase ? Est-ce qu’elle vous parle ? Si tel est le cas, avec le temps, vous pourrez mieux sentir si vous êtes plutôt "transgenre" (i.e. avec une identité à forte composante masculine, vivant dans un rôle masculin, mais sans nécessairement entreprendre de transformation physique) ou "transsexuel" (auquel cas vous entreprendrez une transformation/réparation de votre corps) ou quelque part d’autre encore.
Cela surprend beaucoup de monde, mais les personnes FtM sont en fait très nombreuses et elles se trouvent partout dans la société. Qui plus est, cela ne date pas d’aujourd’hui . Mais ils se fondent dans la population et ils sont très peu visibles. Depuis peu, cela commence gentiment à changer . Les personnes FtM commencent aussi à s’organiser . Dans la mesure où vous avez l’intuition que vous pourriez bien être un homme gay malgré votre apparence actuelle, cela peut vous intéresser de savoir que vous n’êtes pas le seul dans la situation. Je connais au moins une autre personne qui a suivi le même parcours et dont vous trouverez le site ici . Pour finir, j’ai quelques autres liens FtM au bas de cette page .
Ces quelques liens peuvent vous aider à nourrir votre chemin intérieur. Si cela vous intéresse, je peux vous suggérer de les consulter et de sentir en quoi ils vous correspondent ou non.
Meilleures salutations
C’est très gentil de me répondre si vite et surtout d’utiliser toutes ces précautions pour ne pas me vexer ou je ne sais quoi, enfin sans doute que c’est de la politesse mais ça fait bizarre ^_____^
Je suis en train de lire tous les trucs indiqués et effectivement je crois que c’est ça ma ’’mouvance’’, bien que je ne me définisse pas comme ci ou comme ça pour le moment . J’ai réfléchi depuis hier et plus ça va plus les problèmes ont l’air insurmontables, par exemple je suis témoin au mariage d’une amie et si un jour je change mon état civil j’ai peur que ça complique ce genre de choses, etc ... enfin je vais faire comme vous dites et essayer de contacter des gens qui sont déjà passés par là pour qu’ils me conseillent .
Pas que je tienne à aboutir à une image précise de moi-même ; pour le moment je n’y ai pas réfléchi parce que ça semble relever d’un autre monde ( et là je me rends compte de la sous-information dans laquelle j’ai vécu jusqu’ici . ) Mais j’ai l’impression que si je ne me transforme pas complètement, de manière à ce que mon identité soit inattaquable, en quelque sorte, personne ne ’’marchera’’ jamais et je n’oserai même pas demander aux gens de s’adresser à moi en tant que mec . Après, peut-être que je les sous-estime . Mais il me semble que dans un monde idéal je me satisferais totalement d’un rôle masculin comme vous dites ( transgenre, c’est ça ? ) si il a des chances d’être reconnu . J’imagine la tête de mes parents si je me retrouve avec des complications médicales liées à une transition chirurgicale ... enfin je me dis que si je me retrouve avec un cancer par hasard sans avoir rien tenté c’est moi qui aurai des reproches à me faire, et autrement plus graves ; mais c’est comme ça, ma situation ne m’encourage pas à prendre des risques ( et vu que depuis son ordi mon père peut lire ce que j’écris sur le mien, j’en prends déjà un actuellement . )
Sinon vos conclusions étaient exactes, chapeau ! ^_- J’aurais sans doute pu m’exprimer plus clairement mais j’ai commencé à chercher sur l’ordi en pleine nuit en rentrant de vacances désastreuses, au cours desquelles j’ai un peu trop pensé à la mort, alors j’avais pas vraiment les yeux en face des trous si je puis dire ... donc j’ai 22 ans, France pas loin de la Suisse, je suis sans revenu, mes études se terminent et je vais pas tarder à aller pointer au chômage mais en attendant je suis totalement et intégralement dépendante ( ça je le laisse à ma part féminine, bien fait pour elle, he he he ) et je fais profil bas par égard non pas pour mes parents, mais pour mes nombreuses petites soeurs que je crains de perturber . Quant aux amis, ils m’écrivent tous très gentiment et je n’ose pas leur répondre ; je peux dire que je passe de merveilleuses vacances mais ça serait hypocrite, pas vrai ? C’est dans le genre ’’je sais ce que je veux et je sais que je n’ai pas le droit de le vouloir’’.
Mais j’ai essayé de faire abstraction de mes petites complications personnelles pour me mettre avec un mec, plus âgé que moi et qui aurait pu subvenir à nos besoins en plus, et ça a foiré . Même avec toute la bonne volonté du monde je ne peux pas . A l’époque j’ai juste eu la certitude que j’allais devenir folle si je restais et comme c’était un étudiant étranger mes parents ont appuyé la rupture sans difficultés . Ils m’ont trouvé un psy ami de la famille ( comme tous ceux chez qui on m’envoie, employeurs potentiels ou autres, on se croirait à la mafia ^^ ) et j’ai détesté sa réaction . En bref, ’’dites-moi ce qui ne va pas pour que nous le fassions disparaître .’’ Il devait croire que je voulais soigner une phobie, mais si phobie il y avait, je ne voulais surtout pas la soigner, je voulais la comprendre et ne plus la provoquer si je puis dire ( la phobie étant celle d’une relation relevant de la comédie perpétuelle, mais ça j’étais incapable de le comprendre sans aide, j’avais à peine dix-huit ans et littéralement aucune documentation . )
Même pas le temps de lui faire comprendre que c’était mille fois plus compliqué et que je ne savais pas ce qui n’allait pas, et la séance était finie ; j’y ai pas remis les pieds et je préférerais m’en sortir sans, avec les moyens du bord . Avec des amis par exemple, mais des amis comme ça faudrait déjà que j’en trouve . Enfin c’est quand même un encouragement de savoir que mes parents ont tort, parce que sinon de toute façon la solution n’existait pas . Je ne supporte plus de faire semblant d’aller bien, et ils ne supportent pas que je fasse ce que j’ai besoin de faire, alors si le monde s’arrêtait à eux, il s’arrêterait tout court . On dirait que finalement ce n’est pas le cas ; je vous remercie de cette révélation .
Bonsoir Alan et merci de votre feedback. Quant à mon style d’écriture, c’est tout simplement du respect. Il me semblerait insultant de vous écrire en m’adressant à vous au féminin alors que vous vous identifiez comme un homme. J’ai aussi utilisé le terme "mouvance" pour décrire quelque chose dont les contours sont flous et qui ne ressemble pas aux "petites boites très étroites" de la chanson auxquelles on appartient ou non selon les définitions arbitraires d’un-e autre. En matière d’identité sexuelle, d’orientation sexuelle, d’expression de genre, le vécu des personnes est complexe, riche, parfois mouvant et surtout pas définissable dans des catégories simples qui ont toutes les chances d’être arbitraires. Nos mots d’aujourd’hui ("transsexuel-le", "transgenre", etc.) sont des tentatives et je ne sais pas trop ce qu’il en restera dans 20 ou 30 ans.
A part cela, vous me dites que vous allez être témoin au mariage de votre amie et vous avez peur d’avoir des problèmes si un jour vous changez votre état civil. Mais de quel problème avez-vous peur ? Avez-vous peur du rejet de votre amie ou d’un problème légal ? et lequel ?
Pour ce qui est d’avoir une image précise de vous-même, vous savez. c’est quelque chose qui vient avec le temps, l’intuition, les pas que nous osons, l’expérience qu’ils nous font vivre, les événements extérieurs, etc. Est-ce que l’essentiel pour vous aujourd’hui ne serait pas de commencer à explorer qui vous êtes vraiment ? Qu’est-ce que vous en dites ?
Vous dites aussi que vous avez peur que personne ne marche jamais si votre identité n’est pas "inattaquable". Que voulez-vous dire par là ? Est-ce que c’est du rejet des autres dont vous avez peur, ou est-ce que. face à vous même, vous avez besoin d’une transformation complète ? Par rapport aux autres, dans l’article "ich bin eine berlinerin" je cite les exemples du musicien de Jazz Billy Tipton et du capitaine James Barry. Ces deux personnes ont vécu pleinement en homme dans un monde encore bien plus intolérant que le nôtre. Pourtant ils ont tous deux réussi. Je ne veux pas dire par là que leur choix doive nécessairement vous servir d’exemple et que vous deviez nécessairement faire les mêmes choix qu’eux, juste qu’il y a peut-être plus d’options que ce que vous croyez.
Quant à la réaction de votre famille, je comprends bien que son non accueil vous soit difficile. Mais entreprendre une transition, c’est justement affirmer à la face du monde que vous avez une identité d’homme que ca lui plaise ou non ! Et si votre père se permet de vous espionner quand vous êtes sur votre ordinateur à 22 ans, il me semble que la fin des études sera une bonne occasion de remettre les choses au point, non ?
Et pourquoi avoir peur de perturber vos soeurs ? En quoi est-ce que le fait d’assumer votre différence et votre vrai visage devrait les perturber ? Qu’est-ce qui vous dit que ca ne serait pas un soulagement pour elles ? Elles doivent bien sentir que vous êtes différent et que quelque chose va très mal. Peut-être bien que de mettre les choses au clair les rassurerait, même si cela les surprend dans un premier temps.
Je comprends bien que vous ayez été refroidi par l’accueil du psy auquel vous avez été confronté. Un comportement aussi carré, peu accueillant, peu écoutant de qui vous êtes et de ce que vous cherchez vraiment, ca n’est pas particulièrement rassurant !
Mais même si c’est difficile, quant à moi, je crois que vous avez de bonnes chances de trouver l’aide dont vous avez besoin pour faire votre transition. C’est clair que ce sera un acte d’affirmation et d’autonomie majeure face à vos proches. Mais ce sont eux qui ont tout à perdre en ne vous respectant pas et en ne vous accueillant pas tel que vous êtes, non ?
Bonne fin de soirée