Rejetés souvent depuis leur enfance, leur singularité farouchement niée par leur famille, sujets à de nombreuses maltraitances, traités avec dédain voire rejetés par leur entourage, il est fréquent les les personnes de la mouvance LGBTI aient besoin de se faire aider. Mais il leur est souvent difficile de trouver une aide respectueuse et adaptée. Alice Miller à décrit les mécanismes qui font que nombre de thérapeutes sont incapables d’aider leurs client-es de se débarrasser réellement des entraves engendrées par des années de maltraitance. Elle a également décrit comment l’idéologie de certaines écoles, dont la psychanalyse rend les thérapeutes finalement complices des auteurs de maltraitance.
Les personnes de la mouvance LGBTI subissent en plein les conséquences de ce fait. Mais, en plus, l’homophobie, la transphobie, l’ignorance, le fondamentalisme, l’étroitesse d’esprit, la bêtise et la peur ne s’arrêtent pas à la porte des cabinets des psychiatres, psychologues et autres personnes aidantes. De ce fait, il arrive bien trop souvent que des personnes qui sont désespérément en recherche d’aide et d’alliés se voient mettre encore un peu plus la tête sous l’eau par les personnes dont elles espéraient justement qu’elles pourraient enfin se situer en alliés.
La relation qui existe entre un-e client-e et une personne aidante est, évidemment, clef et bien souvent beaucoup plus importante que l’écolequi a formé cette dernière. Mais il n’en demeure pas moins que les personnes de la mouvance LGBTI sont souvent en butte aux rigidités idéologiques des personnes qui sont censées les aider. Il peut donc être utile de recenser les écoles plus respectueuses qui n’ont pas les mêmes à priori face à la maltraitance et qui sont plus respectueuses de la diversité des personnes, des sexes et des genres.
La littérature au sujet de la relation d’aide avec les personnes qui ne correspondent pas aux standards traditionnels en matière de sexe et de genre est limitée. Les ouvrages qui soient, de plus, respectueux des personnes en demande d’aide sont encore plus rares. Pour ma part, j’en connais deux, un en anglais en français, et je trouve que le manque de publication à ce sujet est très significative de l’hostilité plus ou moins déguisée auxquelles les personnes de la mouvance LGBTI doivent faire face.
Marina Castaneda [1] décrit les stratagèmes qu’utilisent les thérapeutes incapables d’accueillir les personnes homosexuelles pour faire pression sur elles. La fréquence de ces comportements est telle qu’elle recommande aux personnes homosexuelles de ne recourir qu’à des thérapeutes qui sont eux-même homosexuel-les. Sans aller aussi loin, il ne fait aucun doute que les personnes de la mouvance LGBTI sont en droit d’exiger de leur thérapeute que celui-ci les accueille inconditionnellement, y compris pour ce qui est de leur différence et elles sont en droit d’d’être traité-es avec le même respect pour leur personne que n’importe quel autre client. Face à un thérapeute qui n’est pas capable de cette attitude, elles sont alors en droit de renoncer à ses services et à ne pas s’entraver par une relation qui n’est pas respectueuse. Et ne vous laissez pas infuencer par les pressions que certaines personnes peu respectueuses peuvent alors exercer.
Après un historique assez effrayant de la manière dont les personnes qui ne correspondent pas aux standards en matière de sexe et de genre ont été "pris en charge" par les psychiatres et les psychanalystes, Randi Ettner [2] en conclut que les approches humanistes sont à privilégier. Il ne fait pas de doute à mes yeux que les valeurs fondamentales qui fondent une école comme l’approche centrée sur la personne sont essentielles à toute relation d’aide respectueuse et véritablement aidante pour la personne en demande d’aide. On trouvera quelques liens sur les associations nationales de personnes formées à l’approche centrée sur la personne à la fin de cet article [3]. D’autres articles de ce site la présentent un peu plus en profondeur.
Face à des personnes gravement maltraitées qui ont vécu des privations affectives majeures, et qui ont vécu dans la terreur durant toute leur vie, il est cependant possible que cette approche ne suffise pas. Dans de telles circonstances, la personne n’arrivera pas à croire qu’elle est enfin aimée inconditionnellement et elle filtre ou minimise les signes de respect et de confiance qu’elle reçoit. Ils devienent alors inopérants. Dans de telles circonstances, il est nécessaire de passer par une approche psychocorporelle pour que la personne puisse vraiment faire l’expérience d’être accueillie, pour qu’elle puisse sentir sa valeur et pour qu’elle puisse accueillir et accepter ses expériences. Ceci qui va lui permettre d’acquérir la sécurité affective dont elle a besoin pour pouvoir s’accueillir et s’ouvrir. Une de ces approches, très puissante, est l’haptonomie [4]. Il faut cependant noter que les thérapeutes de cette école sont beaucoup formés autour du suivi périnatal du nouveau-né et de ses parents et qu’ils s’inscrivent dans une vision assez traditionnelle des sexes et des genres. La rencontre avec une personne de la mouvance LGBTI peut donc leur demander une certaine période d’ajustement.
Quelques références :
[1] Marina Castaneda
Comprendre l'homosexualité : Des clés, des conseils pour les homosexuels, leurs familles, leurs thérapeutes
Éditeur : Robert Laffont (16 septembre 1999), Collection Réponses
ISBN : 2221089820
[2] Randi Ettner
Gender Loving Care: A Guide to Counseling Gender-Variant Clients
Éditeur : W. W. Norton & Company (mai 1999)
ISBN : 0393703045
[3] Approche centrée sur la personne (ACP) :
[4] Haptonomie : Voici le site de l’haptonomie