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25.04.06 Santé des personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles, transgenres et intersexe

Publié le samedi 12 août 2006.


Ces derniers jours, l’association française Warning de lutte contre le SIDA a publié plusieurs articles intéressants sur le ce sujet.

De tous ces documents, il en ressort les éléments suivants :

Nombre de prestataires de soins sont toujours mal à l’aise face à une personne qui leur révèle sa différence. Quand celle-ci ne fait pas face à des commentaires ouvertement homophobes et/ou transphobes, elle risque fort de voir sa révélation complètement ignorée, ce qui n’est pas exactement un signe d’accueil et de respect. Ceci signifie aussi qu’ils ne jouent pas leur rôle d’aiguillage en adressant les personnes de la mouvance LGBTI qui ont besoin d’aide adaptée a des prestataires spécifiques, comme ils le font, par exemple en cas de violence domestique, ou de mobbing.

Il existe des problèmes spécifiques auxquels les personnes de cette mouvance sont plus vulnérables. Si la menace du Sida est reconnue, le fait que les hépatites A et B ainsi que certaines MST puissent être un risque pour certains groupes n’est pas communiqué aux praticiens.

En matière de bien être intérieur, Warning insiste à juste titre sur "[...] la manière lamentable avec laquelle les autorités psychiatriques et médicales occidentales ont traité les homosexuels pendant des décennies [...]". Ce tableau étant incomplet, je me suis permise de le compléter en ajoutant que les personnes transsexuelles, transgenres et/ou intersexuées subissent aujourd’hui encore un traitement encore bien pire de la part de ces mêmes acteurs (cette réponse est en cours de publication sur le site).

De manière générale, les jeunes de la mouvance LGBTI souffrent d’un risque de suicide considérablement plus important que la population générale en raison de l’homophobie ainsi que des discriminations qu’ils subissent dans leur vie quotidienne. De plus, les personnes transsexuelles, transgenres et/ou intersexuées doivent encore trop souvent faire face au déni total de leurs sentiments par leur entourage et par les médecins, quand ça n’est pas encore pire et ceci depuis leur plus petite enfance. Pour les jeunes qui sont dans ces dynamiques là, le risque de suicide est encore plus élevé que pour les autres jeunes de la mouvance LGBTI.

Les données sont lacunaires. Certaines études estiment que "[...] les gays et lesbiennes américains sont l’un des six groupes humains des Etats-Unis touchés par des disparités sanitaires [..]", que "[...] l’on manque de recherche spécialisée sur le sujet [....] une « mauvaise évaluation des risques ... peut avoir un effet négatif et sur la capacité des lesbiennes à rechercher des soins [...]". Pour autant, il existe peu de recherches destinées à combler les lacunes actuelles.

Les données existantes ne sont pas diffusées auprès des praticiens, et les sources d’information qui leur sont destinées ne mentionnent, le plus souvent même pas les spécificités des personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles, transgenres et/ou intersexuées.

Pour finir, Warning publie la référence vers une étude australienne sur le même sujet. Cette étude, assez complète est intéressante à plus d’un titre. En effet, quelle que soit leur bonne volonté, les auteurs de l’étude n’ont pas pu résister à la tentation de faire cadrer des personnes très diverses dans un système binaire des sexes. On voit ainsi apparaître une catégorie "trangender male". Inutile de dire que, même pour des transsexuels FtM (femme vers homme), une telle dénomination peut se révéler insultante.

Le tableau qui résulte de ces documents n’est guère encourageant. Il est en tout cas le signe que, même parmi les prestataires de soins, la situation évolue très lentement et qu’une prise en charge adaptée des personnes de la mouvance LGBTI est encore bien trop rare. Il est également clair que les autorités médicales et politiques ne considèrent pas ce sujet comme important et n’entendent pas investir des moyens pour faire changer la situation, ne serait-ce qu’en diffusant mieux l’information existante. Dans ces conditions, il reviendra peut-être aux organisations LGBTI de le faire par elles-mêmes.

Références :

Santé mentale et LGBT :

http://www.thewarning.info/article.php3 ?id_article=0162

Vers une médecine de qualité pour les communautés gaies et lesbiennes :

http://www.thewarning.info/article.php3 ?id_article=0163

Private Lives : étude australienne sur la santé LGBTI : http://www.thewarning.info/breve.php3 ?id_breve=0128

Personnes Transgenres, Transsexuel-le-s et Intersexuées : une santé sexuelle et mentale fragilisée par un parcours de vie souvent plus que chaotique :

http://www.thewarning.info/article.php3 ?id_article=0166 . Références additionnelles :

Barriers to infectious disease care among lesbians :

http://www.cdc.gov/ncidod/EID/vol10no11/04-0467.htm