La publication Capital Xtra consacre un long article à l’organisation Trans Youth Ottawa qui lutte pour rendre les écoles plus sûres pour les jeunes adolescent-e-s trans.
L’adolescence est un des moments les plus effroyables pour les jeunes adolescent-e-s transsexuel-le-s et transgenres, qui, en plus de la solitude et de l’abandon que la plupart subissent depuis leur enfance, voient leurs corps les trahir encore plus avec la puberté. A cette période, en perdant tout espoir de voir le situation se régler comme par miracle, en se voyant exclus des apprentissages des autres jeunes ados, leur désespoir devient total. Selon les personnes cela peut se traduire par des dépressions très profondes, voire par des comportements suicidaires, par différents abus de substances. Certains, qui se trouvent dans des familles particulièrement intolérantes et qui ne peuvent cacher leur sentiments se retrouvent à la rue. De plus, ces jeunes risque de subir de graves violences de la part d’autres adolescents (les cas de meurtres, ne sont, hélas, pas rares), s’ils ne se montrent pas très prudents, ce qui n’est pas toujours facile quand on est en pleine détresse.
Il est donc particulièrement impressionnant de voir qu’un groupe de soutiens de jeunes trans, avec le soutien d’une association LGBTI (Pink Triangle Services ) a trouvé l’expérience, la motivation et l’énergie nécessaire pour aborder les enseignants, les dirigeants et les autres collaborateurs des écoles de la région d’Ottawa afin de les informer, des les aider à mieux accompagner et à agir de manière respectueuse des jeunes adolescent-e-s transsexuel-le-s et transgenres de leurs écoles.
Si ces derniers commencent à se familiariser avec une prise en charge des adolescent-e-s gays, lesbiennes ou bi, tout reste à faire pour celles et ceux qui sont transsexuel-le-s ou transgenres et la mise sur pied d’un accompagnement respectueux ne va pas de soi.
Trans Youth Ottawa a commencé par sensibiliser les counsellors et les psychologues scolaires, avant d’organiser des séminaires d’une journée destinés à sensibiliser les enseignants, Ce travail en est à son début, mais le seul fait qu’il puisse être en cours de réalisation est le signe que cette initiative a été accueillie par des autorités scolaires très ouvertes d’esprit.
Cette initiative et l’accueil qu’elle reçoit fait fortement contraste avec la frilosité extrême des autorités scolaires en Suisse et en Europe Francophone. Quand le photographe Stéphane Riethauser a publié "A visage découvert" destiné à aider les adolescent-e-s homosexuel-le-s, les autorités scolaires suisse, ont interdit sa diffusion dans les écoles. Quand les jeunes adolescents du Canton de Neuchâtel ont voulu inclure la difficulté d’assumer son homosexualité dans une brochure traitant du suicide des adolescent-e-s, ils ont du faire une conférence de presse et menacer les écoles de leur canton d’une action en justice pour pouvoir enfin diffuser ce document. Pink Cross s’est vue attaquée en justice par des fondamentalistes religieux bernois pour avoir diffusé des documents dans des écoles de ce canton. Quant à la nécessité de compléter les cours d’éducation sexuelle, tout reste à faire. Face à de telles difficultés, les adolescent-e-s transsexuel-le-s et/ou transgenres de Suisse ou d’Europe francophone sont à des années lumières de pouvoir se faire entendre de la même manière que les jeunes d’Ottawa.
Rappel des liens :
Capita Xtra : http://www.xtra.ca/
Pink Triangle Services : http://www.pinktriangle.org/
Trans Youth Ottawa : http://www.transyouthottawa.ca/
L’article que Capital Xtra leur consacre :
http://www.xtra.ca/public/viewstory.aspx ?SESSIONID=2f81bdd3-73c3-468f-a9db-d2e26411316f&AFF_TYPE=2&STORY_ID=1585&PUB_TEMPLATE_ID=2