Le numéro du 30.03.06 du Bay Aera reporter revient sur la conférence annuelle "Trans-health" de cette année durant laquelle des enfants étaient présents pour la première fois. Il leur donne la parole, à eux, à leurs familles ainsi qu’aux personnes qui les accompagnent.
Lors de cette conférence, étaient présents, entre autres, Asher, âgé de 8 ans, Tucker âgé de 10 ans, et une petite fille (MtF) de 5 ans. Les convictions de ces trois enfants sont particulièrement fortes, et elles l’ont été très vite. Asher se rappelle avec plaisir comment il a détruit une des robes qui lui était destinée il y a déjà plusieurs années. Tucker ne peut pas s’imaginer vivre en dehors de sa bande de copains. Ces deux enfants ont eu la chance de naître dans des familles respectueuses, accueillantes et déjà au fait de la diversité des personnes de la mouvance LGBTI. Quant au troisième enfant, elle était déjà suicidaire à l’âge de 4 ans, elle refusait tout ce qui pouvait faire croire qu’elle avait quoi que ce soit d’un garçon. Ses parents ont eu toutes les peines du monde à trouver un spécialiste prêt à les aider, et ils ont accepté de suivre l’affirmation de l’identité de leur enfant et de l’élever en fille comme mesure de survie, pour éviter son suicide.
Mais ces familles subissent des pressions énormes de la part de leur environnement, en particulier scolaire, qui ne supporte pas qu’elles acceptent la différence de leur enfant, qui les accuse de tous les maux et qui est susceptible de réagir violemment. Elles doivent donc faire attention à se protéger et elles ont fait en sorte que leur identité et leur adresse ne soit pas connues.
Certains des spécialistes présents faisaient part de leur désarroi face à une situation dans laquelle ils ne peuvent pas s’appuyer sur de la littérature, des expériences précédentes et sur un cadre qui les rassure. Ils doivent inventer une prise en charge au jour le jour et cela est désécurisant pour la plupart.
Un des points très délicats est de savoir quand il est acceptable d’entrer en matière face à une demande de réparation hormonale et chirurgicale de la part des enfants. Les personnes présentes insistaient sur le fait qu’elles préféraient attendre avant de prendre une décision irréversible, dans le but de permettre à l’enfant de découvrir la place qui lui correspond vraiment et qui peut être une place intermédiaire (intergenre, transgenre, multigenres, ....) situation dans laquelle une correction chirurgicale n’est souvent plus souhaitée. En attendant, des bloqueurs d’hormones accompagnés d’un fort soutien et d’une acceptation inconditionnelle de la part de la famille permettent à l’enfant puis à l’adolescent-e d’attendre de trouver sa vraie place dans des conditions supportables, dans lesquelles leurs corps ne les trahit pas plus lors de la puberté, ce qui est une des expériences les plus horribles que doivent subir les personnes transsexuelles.
Dans la mesure où la différence de ces enfants a été accueillie dés le début, ils ne se définissent pas comme transgenre ou comme transsexuel-le. L’un des petits garçons se définit comme "MtM" ("male to male"). Il est possible que, au fur et à mesure qu’un plus grand nombre d’enfant naissent dans des familles acceptantes, cela modifiera la manière dont les personnes de la mouvance LGBTI se décrivent.
Des personnes emprisonnées dans le modèle patriarcal des genres et de sexes ne supportent pas le fait que des familles puissent accepter la différence de ces enfants. Ces mêmes personnes sont susceptibles de réagir violemment, de vouloir entrer en rapport de force de manière à enlever ces enfants à la responsabilité de leurs parents (sous l’accusation fallacieuse que ce sont des parents indignes). De leur côté, les personnes transgenres et transsexuelles qui ont dû subir durant toute leur enfance, leur adolescence et souvent encore pendant des années de vie adulte un déni complet et brutal de leur différence de la part de leur entourage, qui ont du faire face à cette dernière dans une solitude absolue et qui, dans leur détresse, ont du trouver la force de s’assumer et de s’affirmer à la face du monde, ne peuvent pas voir les choses de la même manière. Elles ne peuvent que voir avec émotion des familles accueillantes et acceptantes d’enfants différents, qui sont prêtes à suivre le chemin que ces derniers découvrent plutôt que de vouloir les enfermer dans un carcan qui nie radicalement ce qu’il y a de plus beau et de plus essentiel en eux.
Vous trouverez l’article à l’adresse suivante :
http://www.ebar.com/news/article.php ?sec=news&article=654
bonjour d’abord je voudrais ici féliciter les parents de transexuel car s’il n’est pas facile à vivre d’être trans, il n’est pas facile non plus d’être parents de trans mais on en parle pas... Je suis trans et mes parents l’ont su rapidement mais ils préféraient me voir "mort ou vendeur de droque plutôt que changer de sexe". On m’a appris par la force si necessaire que je ne pourrais jamais etre aimé par qui que se soit... J’ai 38 ans maintenant et j’ai encore beaucoup de mal à m’accepter, je vis seule parce que je n’arrive pas à croire que je puisse être aimée un jour...
Pour que ça n’arrive pas a d’autres : aimez les, car il n’y a aucune honte à être une femme pas plus qu’il y en a à être un homme.
Et pour tous les machos, sachez que dans le ventre de votre mère, vous avez été des filles avant de devenir des garçons sous l’effet d’hormones...
Bonsoir et merci de votre message.
Le sujet des enfants transsexuels est un sujet très important mais délicat qui ne laisse que peu de traces dans la presse francophone. Les quelques familles respectueuses qui tiennent à accomagner leur enfant prennent de grande précautions pour se protéger et pour protéger leur enfant de la presse et de toutes les tentatives de prise de pouvoir de ceux qui ne supportent pas que des enfants puissent suivre leur propre chemin. Je ne peux que leur donner raison. Les quelques articles de la presse anglo-saxonne qui reportent des cas dans lesquels le système scolaire intègre de manière respetueuse un enfant en transition suscitent des réactions d’une violence incroyable de la part des fondamentalistes de tous bords. Les rares cas relatés par la presse européenne concernent tous des adolescent-e-s, mais leur parcours est loin d’être simple.
J’ai néamoins trouvé une liste de témoignages d’enfants parfois accompagné de leurs parents sur le site d’Andrea James.
Les autres références proviennent de l’entourage plus ou moins direct de ces enfants :
Ce même site contient des recommandations pour faciliter une transition précoce
Trans Youth Family Advocates est une ONG destinée à assister les familles pour leur permettre d’accompagner de manière respectueuse leurs enfants à l’identité de genre atypique dans leur évolution.
Just Evelyn, la mère d’un enfant à publié son propre témoignage
Le site de Lynn Conway contient l’histoire de deux adolescentes européenne telle qu’elle a été relatée par la presse du vieux continent :
La presse britanique a relaté quelques cas de familles assez fortunées pour envoyer leur enfant aux Etats-Unis afin de contourner les blocages du système de santé britannique (et les préjugés de certains médecins).
C’est le Dr Peggy T. Cohen-Kettenis de l’université libre d’Amsteram qui a fait un travail de pionnier en créant un protocole adapté aux adolescent-e-s ayant besoin de réaliser une transition précoce. Ce travail a été d’autant plus difficile qu’elle a du faire face à une très forte opposition pour le mener à bien.
Son ouvrage qui commence à dater un peu (il a été publié en 2003)
Ses publications académiques sur ce sujet
Le chapitre 13 des Principles of transgender medicine and Surgery est également écrit par le Dr. Cohen-Kettenis et il traite du même sujet.
Vous constaterez l’absence totale de référence en langue française dans cette liste. Etant donné que les références de qualité en matière de transsexualité font encore presque complètement défaut dans cette langue (ce qui s’en rapproche le plus est l’ouvrage changer de sexe d’Alexandra Angst-Merelle), il n’est pas surprenant que les informations en ce qui concernent les enfants et les adolescent-e-s transsexuel-le-s soient complètement absentes.
Bonjour,
Je m’offre à informer les personnes qui aimeraient savoir plus sur les enfant transgenre. Je suis le parent d’un enfant transgenre de l’âge de 10 ans. Nous sommes impliqués dans divers evenements, incluant le TransHealth Conference de Philadelphie en 2008, et le Fièrté Trans de Montréal depuis 2005.
Comme mère je suis aussi impliquées dans trois groupes sur le Web - TYFA talk, TransFamily of Cleveland, et Mermaids de UK.
Nous sommes aussi en contact avec plusieurs spécialists dans la domaine à travers le monde entre autres Montrèal, Boston, Pays Bays,
Akiko
Merci beaucoup de votre proposition.
Il commence à y avoir un réseau de soutien et d’acompagnement de parents d’enfants transgenres et transsexuel-le-s dans le monde anglophone, mais il n’existe encore rien de tel dans le monde francophone. Je suis heureuse d’apprendre que vous pouvez faire le pont entre ces deux univers linguistiques et partager votre propre expérience et celle de votre enfant. Je suis sûre que ce soutien sera précieux et qu’il portera des fruits.
Merci encore et meilleures salutations