Le texte de la dépêche d’agence de presse peut être consulté on-line, de même qu’une version de travail datant de 2008 que le contenu de ces nouvelles directives.
Du côté négatif, ces nouvelles directives ne sortent pas du modèle médical qui considère la transsexualité comme un trouble de l’identité. Ce document ne sort pas non plus du modèle binaire des sexes et des genres. De ce point de vue, ce document n’a vraiment rien de révolutionnaire et les personnes transgenres et intersexuées n’y trouveront rien qui concernent leurs propres dynamiques de vie.
Du côté positif, ce document officialise la prise en charge des transitions précoces des adolescent-e-s et valide la prescriptions de bloqueurs d’hormones (à l’effet réversible) depuis l’âge de 12 ans. De telles dispositions, développées entre autres par le programme de Peggy Cohen Kettenis, ont fait leurs preuves. Elles permettent d’éviter que les jeunes trans vivent leur adolescence comme un traumatisme terrible. Elles donnent aussi à l’adolescent-e le temps nécessaire pour se déterminer (jusque vers 16 ans) avant de déclencher une puberté vers le sexe auquel l’adolescent-e s’identifie, puis une opération de réattribution de sexe (vers 18 ans).
Dans le contexte de la grande lutte qui a lieu autour de la rédaction du DSM-V, nombre de personnes ont de quoi être très déçues du contenu de ce document. Il convient cependant de rappeler que les transitions précoces sont loin d’être possibles partout sur cette planète. En fait, il y a encore peu de temps, les parents qui souhaitaient un accompagnement respectueux de leur enfant avaient toutes les chances de perdre la garde de ces derniers ! Aujourd’hui encore, même dans nombre de pays occidentaux, la transition d’adolescents reste une exception. Gageons que ce document permettra au moins d’officialiser enfin une prise en charge plus respectueuse des adolescent-e-s à l’identité sexuelle atypique et qu’il permettra à un beaucoup plus grand nombre d’entre eux de réaliser une transition précoce, ce qui leur permettra de se socialiser dans le genre auquel il-elle-s s’identifient quasiment au même âge que les autres ados.